Le Président de la Transition, Chef de l’État, Son Excellence le Général d’Armée Assimi Goïta, a procédé ce jeudi à une cérémonie chargée de symboles : l’inauguration des places « Mali Cɛbaw » (Grands Hommes du Mali) et « Mali Kɛlɛmasaw » (Chefs de Guerre). Cette initiative marquante, s’inscrivant dans une vaste opération de revalorisation du patrimoine toponymique national, représente bien plus qu’un simple changement de nom. Il s’agit d’un acte politique et culturel profond visant à réaffirmer la souveraineté narrative du Mali, à réhabiliter sa mémoire collective et à ancrer dans l’espace public les figures qui ont façonné son destin.
Située à Koulouba, la place « Mali Cɛbaw » se substitue à l’ancienne « Place des Explorateurs ». Ce nouveau nom célèbre les grandes figures civiles, intellectuelles, politiques et spirituelles qui ont, par leur sagesse, leur vision et leur œuvre, bâti les fondations de la nation malienne à travers les âges. Elle honore ainsi la riche continuité historique du pays, bien au-delà de la période coloniale.
À quelques pas de là, la place « Mali Kɛlɛmasaw » prend la place de l’ancienne « Place des Gouverneurs du Soudan français ». Cette dénomination met en lumière l’héritage des chefs de guerre et des stratèges militaires qui ont défendu l’intégrité du territoire et mené les combats décisifs pour la préservation de l’indépendance et de la dignité du peuple malien. Elle rend un hommage solennel à la résistance et à la bravoure qui ont jalonné l’histoire du pays, en particulier contre les forces d’invasion et d’occupation.
Cette double inauguration incarne une volonté claire de « désoccuper mentalement » l’espace public. En remplaçant des références liées à l’exploration ou à l’administration coloniales par des dénominations ancrées dans la langue et l’historiographie maliennes, les autorités de la Transition opèrent un réajustement mémoriel essentiel. L’objectif est pédagogique : offrir aux générations présentes et futures des repères identitaires forts, inspirants et intrinsèquement maliens. Ces places deviennent ainsi des lieux de transmission, où chaque citoyen peut se reconnecter avec la grandeur de son passé et y puiser une fierté nationale renouvelée.
En saluant cette initiative, nous reconnaissons une étape importante dans le long processus de reconquête de la souveraineté totale. Une souveraineté qui ne se limite pas aux aspects politiques, économiques ou sécuritaires, mais qui englobe également le droit inaliénable pour un peuple de raconter sa propre histoire, d’honorer ses propres héros et de nommer son propre monde. Les places « Mali Cɛbaw » et « Mali Kɛlɛmasaw » sont désormais bien plus que des carrefours urbains ; ce sont des monuments à ciel ouvert dédiés à l’âme résiliente et fière du Mali.
Amen K.