Le Conseil des ministres du Burkina Faso a franchi une étape décisive dans la souveraineté économique du pays. Il a adopté un rapport relatif au projet de décret portant déclaration d’utilité publique urgente pour l’implantation et le développement des infrastructures commerciales et logistiques de la société FASO YAAR dans la commune de Ouagadougou. Cette décision, loin d’être anodine, traduit une volonté politique celle de doter la capitale d’un outil performant de régulation des flux de produits de consommation.
Créée pour assumer une mission de service public économique, FASO YAAR se voit désormais offrir les moyens structurels de ses ambitions. L’État a engagé un programme structurant visant à doter la société d’infrastructures adaptées de stockage, d’entreposage, de logistique et de sécurisation des flux. En clair, il s’agit de bâtir des entrepôts modernes, des plateformes logistiques sécurisées et des systèmes de traçabilité performants au cœur de Ouagadougou.
La pertinence de cette initiative réside dans sa réponse à deux défis majeurs. Le premier est celui de la volatilité des prix. Sans capacités de stockage suffisantes, les denrées périssables et les produits de grande consommation sont soumis aux aléas du marché et aux spéculations. Avec FASO YAAR, l’État pourra constituer des réserves stratégiques, lissant les prix durant les périodes de soudure ou de crise. Le second défi est sécuritaire : dans un contexte régional marqué par l’insécurité, sécuriser les flux logistiques, c’est garantir l’approvisionnement des populations tout en protégeant les convois et les marchandises.
La déclaration d’utilité publique urgente n’est pas un simple détail procédural. Elle permet d’accélérer les acquisitions foncières et les travaux, réduisant ainsi les délais habituels. Cela signifie que dans les mois à venir, Ouagadougou pourrait voir sortir de terre des infrastructures capables de révolutionner son circuit de distribution.
En investissant massivement dans la logistique domestique, le Burkina Faso se protège contre les chocs extérieurs. FASO YAAR incarne cette nouvelle vision : un État stratège qui ne se contente plus de subir les chaînes d’approvisionnement, mais qui les organise et les sécurise. Pour les commerçants et les consommateurs burkinabè, c’est la promesse d’un approvisionnement plus fiable et de prix plus stables. Pour l’économie nationale, c’est un rempart contre l’inflation importée et l’insécurité alimentaire. L’urgence déclarée par le Conseil des ministres est à la hauteur de l’enjeu : bâtir un Burkina Faso résilient, de l’entrepôt au consommateur.
Amen K.