Autoroute Abidjan-Lagos : Lomé veut faire passer la facture de 15 à 10 milliards de dollars
Le Togo veut alléger la facture de l’autoroute Abidjan-Lagos. Lors de la 23e réunion du comité ministériel de pilotage, tenue à Lomé le vendredi 30 octobre 2026, le ministre délégué chargé des Travaux publics et des Infrastructures, Sani Yaya, a présenté des options permettant de ramener l’investissement initial de 15 milliards de dollars à 13 milliards, voire à 10 milliards. L’objectif : réduire la charge financière des cinq États concernés Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin et Nigeria — et accélérer la réalisation du projet.
« Pour le Togo, de nouvelles économies pourraient encore être recherchées afin de réduire davantage la facture globale », rapporte le ministère, qui encourage les experts et les partenaires financiers à poursuivre les efforts d’optimisation.
Au-delà de la réduction des coûts, Lomé propose un mécanisme de péréquation financière pour répartir les charges entre les pays en fonction de la rentabilité de leurs tronçons. Cette approche vise à éviter que les États dont les sections génèrent moins de recettes supportent seuls leur financement.
Le Togo demande également l’opérationnalisation de l’Autorité de gestion du corridor Abidjan-Lagos (ALCoMA), notamment par le recrutement de son directeur général et de ses responsables techniques. Le conseil d’administration de cette structure supranationale a tenu sa première réunion en juin 2026 à Lagos, avec la mise en place de deux sous-comités chargés des ressources humaines et des finances.
En mai 2026, la CEDEAO et la Banque africaine de développement avaient déjà engagé des missions conjointes auprès des cinq pays pour ouvrir les discussions sur le financement de la construction. Cette étape marque le passage du projet vers sa phase d’investissement.
Longue d’environ 1 028 km, l’autoroute à six voies doit relier Abidjan, Accra, Lomé, Cotonou et Lagos. Elle constitue un axe routier majeur de la sous-région, dans une zone qui concentre environ 75 % des activités commerciales de l’Afrique de l’Ouest, selon la CEDEAO.
Pour le Togo, qui se veut un important point de transit et un nœud d’intégration entre le portuaire et le routier, le projet doit faciliter les échanges entre les principaux pôles économiques, améliorer l’accès aux ports et soutenir ses activités logistiques et industrielles.



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