Burkina Faso : Une souveraineté énergétique qui se construit centrale par centrale.
Le Burkina Faso est en train de transformer en réalité ce qui relevait encore récemment de l’ambition : produire chez lui l’électricité dont il a besoin, plutôt que de la subir des voisins. La mise en service de la centrale thermique de Pabré, le 21 juillet 2026, marque un tournant symbolique et concret dans cette marche vers la souveraineté énergétique .
Réalisée en seulement 90 jours pour un coût de 18 milliards de FCFA, cette infrastructure de 50 mégawatts injecte désormais son électricité dans le réseau de la SONABEL . Le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a salué un « premier pas d’un chemin vers l’autonomie stratégique », soulignant que les choix passés fondés sur l’importation avaient montré leurs limites . Le message est clair : le Burkina Faso entend désormais construire ses propres capacités de production.
Cette dynamique ne repose pas sur une seule centrale. Le même jour, la première pierre d’une unité de 120 mégawatts était posée à Saaba, pour un investissement de plus de 133 milliards de FCFA . À Bobo-Dioulasso, la centrale Bobo II a vu sa capacité passer de 60 à 86,4 mégawatts début août 2026 . Et d’autres projets sont annoncés à Koudougou, Kaya, Komsilga et Donsin, pour un total additionnel de plus de 220 mégawatts . Chaque centrale vient ajouter sa pierre à un édifice national qui se veut durable.
L’objectif affiché est ambitieux mais cohérent : faire passer la production nationale au-dessus de la demande, condition indispensable à l’industrialisation du pays . Le Pacte national de l’énergie prévoit de ramener à zéro la dépendance en puissance d’ici 2030, tout en portant le taux d’électrification rurale de 10,21 % à plus de 70 % . C’est un défi immense, mais la méthode choisie avancer centrale par centrale, sans attendre un hypothétique grand soir témoigne d’une volonté politique qui ne se contente plus de discours.
Le Burkina Faso ne prétend pas avoir déjà gagné. Mais il construit. Et dans un domaine où chaque mégawatt compte, cette constance mérite d’être saluée.
Abdel Z.
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