Bahreïn : Une passerelle financière au service du développement africain
À l’heure où l’Afrique cherche à diversifier ses sources de financement, Bahreïn s’impose progressivement comme un hub financier capable de connecter les capitaux du Golfe aux besoins du continent. Banques, finance islamique, fonds d’investissement et institutions de développement se mobilisent pour structurer des solutions adaptées aux projets africains.
La finance islamique constitue le premier levier de cette dynamique. Un rapport de Standard Chartered révèle que seulement 6 % des capitaux mondiaux en sukuk atteignent l’Asie du Sud et l’Afrique, alors que les actifs de la finance islamique approchent les 6 000 milliards de dollars. Bahreïn, pionnier du secteur avec un cadre réglementaire éprouvé, est idéalement positionné pour combler ce déficit de connectivité. En mai 2026, l’ONUDI a d’ailleurs lancé à Vienne, en partenariat avec le Bureau de promotion des investissements de Bahreïn, le programme IFETAA, première initiative dédiée à la canalisation de la finance islamique vers les PME africaines et arabes. Ce programme, conçu avec l’Africa Finance Corporation et l’Union des banques arabes, vise à pallier les taux d’intérêt conventionnels de 15 à 20 % qui étouffent les petites entreprises, en privilégiant des instruments participatifs adossés à l’économie réelle.
Les banques et fonds bahreïnis multiplient parallèlement les déploiements en Afrique. iibGroup a obtenu du gouvernement éthiopien l’ouverture d’un bureau de représentation à Addis-Abeba, une première pour une institution financière internationale depuis les réformes du secteur. Le groupe, déjà présent à Djibouti et au Cap-Vert, accompagne le corridor commercial éthio-djiboutien et le financement d’infrastructures, notamment le futur aéroport international. En octobre 2026, le ministre des Finances bahreïni a engagé des discussions structurées avec l’Égypte pour orienter des capitaux vers les infrastructures, la logistique et l’hydrogène vert, en mobilisant les garanties de la Société financière internationale.
Ces initiatives ne sont pas sans défis. Les investissements du Golfe en Afrique privilégient souvent les grands projets d’énergie et de mines au détriment des besoins communautaires en eau et assainissement. Mais la trajectoire est claire : Bahreïn ne se contente pas d’exporter des capitaux, il bâtit des ponts financiers. Pour les porteurs de projets africains, cette passerelle représente une opportunité concrète de diversifier des financements devenus rares et coûteux.



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