Le vendredi 8 mai 2026, l’Assemblée législative du peuple du Burkina Faso a tenu une séance plénière à Ouagadougou, présidée par Ousmane Bougouma, président de l’institution. Les députés ont entendu un exposé du gouvernement sur le nouveau Plan national de développement, dénommé RELANCE 2026-2030, dont le coût global est estimé à 36 190 milliards de FCFA. Présenté par le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubacar Nakanabo, ce référentiel marque selon lui l’entrée du pays dans une phase inédite de son histoire : celle de la souveraineté productive, de l’industrialisation nationale et de la reconquête économique.
Le plan s’articule autour de quatre piliers stratégiques. Le premier pilier vise la consolidation de la sécurité, de la cohésion sociale et de la paix. Pour y parvenir, l’État prévoit le recrutement de plus de 50 000 agents des Forces de défense et de sécurité (FDS), 60 000 Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) supplémentaires, ainsi que plus de 100 000 réservistes. Le gouvernement entend également renforcer le renseignement, les capacités militaires, développer une industrie stratégique de défense et intensifier la coopération sécuritaire au sein de l’espace AES, notamment par la montée en puissance de la force unifiée. Les résultats attendus incluent la reconquête totale du territoire d’ici 2030, l’autonomie stratégique en matière d’équipements de défense, et le retour massif des populations déplacées avec leur réinsertion socio-économique.
Le deuxième pilier porte sur la refondation de l’État et l’amélioration de la gouvernance. L’ambition affichée est de bâtir un État plus efficace, transparent, souverain et proche des citoyens. Pour cela, le plan mise sur la digitalisation massive des procédures administratives, une couverture territoriale du réseau mobile à 100 %, l’interconnexion des administrations financières, le déploiement de la solution « SMART DOUANE » pour maîtriser les procédures de dédouanement, ainsi que la numérisation totale du cadastre. Le gouvernement entend aussi améliorer l’indice de perception de la corruption, le faisant passer de 41/100 en 2024 à 46/100 en 2030, et fluidifier la délivrance des titres fonciers.
Les troisième et quatrième piliers (développement du capital humain, et transformation structurelle de l’économie) complètent ce dispositif. À travers RELANCE 2026-2030, le Burkina Faso se dote ainsi d’une feuille de route ambitieuse pour concilier impératifs sécuritaires, refondation institutionnelle et souveraineté économique.
Amen K.