Face à la crise sécuritaire sans précédent qui secoue le Burkina Faso depuis plusieurs années, le gouvernement a décidé de frapper un grand coup. Dans le cadre du nouveau Plan national de développement, dénommé RELANCE 2026-2030, présenté le 8 mai 2026 à Ouagadougou par le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubacar Nakanabo, l’État prévoit le recrutement massif de plus de 50 000 agents des Forces de défense et de sécurité (FDS), 60 000 Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) supplémentaires, ainsi que plus de 100 000 réservistes.
La pertinence de cette initiative saute aux yeux. Face à l’immensité du territoire burkinabè et à la nature asymétrique de la menace terroriste, les effectifs traditionnels des forces armées se sont révélés insuffisants pour couvrir l’ensemble des zones sensibles. En portant les recrutements à des niveaux jamais atteints, le pouvoir agit avec réalisme et lucidité : la reconquête de l’intégralité du territoire à l’horizon 2030 ne saurait se faire sans une montée en puissance drastique des ressources humaines dédiées à la défense.
Mais cette initiative ne repose pas seulement sur la quantité. Elle traduit une vision stratégique cohérente articulée autour de trois leviers complémentaires. D’abord, le renforcement du renseignement et des capacités militaires pour frapper avec précision et anticipation. Ensuite, le développement d’une industrie stratégique de défense nationale, afin de réduire la dépendance extérieure. Enfin, l’intensification de la coopération sécuritaire dans l’espace AES, notamment par la montée en puissance d’une force unifiée capable d’agir au-delà des frontières.
Les impacts attendus de cette politique sont considérables. Au-delà de la reconquête territoriale, l’État ambitionne d’assurer une autonomie stratégique en matière d’équipements de défense et, surtout, de permettre le retour massif des populations déplacées internes avec leur réinsertion socio-économique. C’est tout le pari du plan RELANCE : faire de la sécurité le fondement d’une refondation nationale durable. Face à l’urgence, cette réponse à la hauteur du défi apparaît non seulement pertinente, mais indispensable.
Amen K.