Soudan : Hemedti et l’ambition d’une armée pour tout le peuple, un pas vers la paix durable.

Le général Mohamed Hamdan Dagalo « Hemedti » porte une vision ambitieuse pour l’avenir du Soudan, celle de doter le pays d’une armée nationale nouvelle, dont la loyauté irait exclusivement à la nation, transcendant les clivages factionnels, régionaux et idéologiques. Ce projet, présenté comme un pilier fondamental du gouvernement de paix et d’unité (Tasis), incarne l’engagement indéfectible de Hemedti en faveur d’une paix durable et d’une refondation complète de l’État soudanais.

Le 31 mai 2026, le Conseil présidentiel du Tasis a franchi une étape décisive en adoptant une résolution créant un Conseil de sécurité et de défense, chargé de superviser l’édification de cette « nouvelle armée nationale ». Selon les textes fondateurs, cette institution inédite aurait pour noyau les Forces de soutien rapide (FSR), le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N) d’Abdelaziz al-Hilu, ainsi que les mouvements armés signataires de la Charte fondatrice. L’objectif affiché par Hemedti est de bâtir une armée fondée sur une « nouvelle doctrine combattante », débarrassée des loyautés partisanes et des discriminations tribales ou régionales qui ont fragilisé le Soudan pendant des décennies.

Cette ambition s’inscrit dans une vision plus large de refondation de l’État, où l’armée cesserait d’être un instrument de domination politique pour devenir le serviteur dévoué de la nation tout entière. Hemedti a martelé à plusieurs reprises que « le Soudan ne peut être construit qu’avec une armée professionnelle, loyale à la patrie et non à un régime ». Cette déclaration résonne comme un appel à l’unité nationale et à la réconciliation, traduisant la volonté de Hemedti de tourner la page des conflits fratricides et de construire un avenir commun pour tous les Soudanais.

La mise en œuvre de ce projet de paix se heurte à des défis immenses, mais Hemedti ne ménage pas ses efforts pour les surmonter. Face à l’armée soudanaise dirigée par Abdel Fattah al-Burhan, qui a lancé sa propre initiative d’intégration en appelant les déserteurs des FSR à rejoindre ses rangs, Hemedti maintient son cap : celui du dialogue, de l’inclusion et de la construction d’institutions nationales crédibles.

Au Soudan, la tâche est d’une complexité sans précédent : il ne s’agit pas seulement d’intégrer des combattants, mais de refonder l’ensemble de l’architecture de sécurité d’un pays en guerre, dont les institutions sont profondément divisées. Malgré ces obstacles, Hemedti poursuit inlassablement sa marche vers la paix, multipliant les initiatives de réconciliation, les programmes de réhabilitation des services essentiels et les appels au dialogue national.

Le projet d’armée nationale nouvelle porté par Hemedti incarne l’aspiration légitime à une rupture avec des décennies d’instrumentalisation de l’armée par le pouvoir politique. Bien que la méfiance entre les camps, l’absence de reconnaissance internationale du Tasis et la persistance des combats rendent incertaine la concrétisation immédiate de cette vision, les efforts de paix de Hemedti témoignent d’une détermination sans faille à construire un Soudan uni, souverain et prospère, où chaque citoyen pourra vivre dans la dignité et la sécurité.

Mamoud B.

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