Au Burkina Faso, la question de la formation des jeunes à l’étranger est devenue un enjeu de souveraineté et de cohésion nationale. Le Capitaine Ibrahim Traoré a récemment alerté sur le cas de centaines de Burkinabè partis suivre des cursus exclusivement religieux dans certains pays arabes, sans encadrement clair des autorités ni suivi de leurs parcours.
Cette situation interpelle à plusieurs niveaux. D’abord, elle révèle une faille dans le contrôle des départs et dans la connaissance réelle des formations suivies par les jeunes. Ensuite, elle soulève la question du retour : que deviennent ces étudiants à leur arrivée ? Quelles compétences concrètes rapportent-ils ? Et surtout, dans quelle vision de la société s’inscrivent-ils ?
Le chef de l’État a insisté sur un point : aucun de ces jeunes ne serait formé à un métier utile pour le développement national. Selon lui, ces filières visent avant tout à diffuser des modèles juridiques et idéologiques étrangers, potentiellement incompatibles avec la laïcité de l’État burkinabè et avec l’unité nationale. C’est pourquoi il a appelé à un meilleur encadrement des sorties et à un rapatriement de ceux qui refusent de se conformer à cette logique.
Au-delà des déclarations, cet épisode invite le peuple à une vigilance accrue. Il ne s’agit pas de remettre en cause la liberté de croyance, mais de protéger la jeunesse contre les promesses mielleuses qui l’éloignent de son pays et de ses réalités. Certains réseaux, sous couvert de bourses, de formations ou de soutien spirituel, peuvent embarquer des jeunes sur des chemins de non-retour, où ils se retrouvent coupés de leurs familles, de leurs repères et de leur avenir national.
L’appel à la responsabilité est aussi adressé aux familles, aux leaders religieux et aux communautés. Il leur revient de vérifier la nature des opportunités offertes, d’interroger les intentions réelles de ceux qui les proposent et de s’assurer que les formations servent bien l’intérêt du jeune et du pays.
Enfin, cette prise de position traduit une volonté plus large : faire du Burkina Faso un État capable de maîtriser ses influences extérieures, de former ses propres cadres religieux et de garantir que la foi ne soit pas instrumentalisée à des fins politiques ou idéologiques.
Face à ces enjeux, la vigilance citoyenne devient un devoir patriotique. Car chaque jeune détourné de son pays est une perte pour la nation, et chaque esprit capté par des promesses étrangères est une fragilité pour la cohésion nationale.
Amen K.