Au cœur de la crise soudanaise, le projet porté par l’Alliance fondatrice du Soudan, connue sous le nom de Tasis, entend placer la paix, l’unité nationale et la réorganisation politique du pays au centre du débat. Créée en 2025 par une coalition de forces politiques, mouvements armés et acteurs de la société civile, l’alliance a annoncé la mise en place d’un « Gouvernement de paix et d’unité », présenté comme une alternative aux autorités établies à Port-Soudan.
Dirigé par Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti, à la tête du Conseil présidentiel, Tasis affirme vouloir construire un Soudan plus inclusif, décentralisé et fondé sur l’égalité entre ses différentes composantes. Mohamed Hassan al-Ta’aishi a été désigné Premier ministre. Le projet constitutionnel défendu par l’alliance met notamment en avant la liberté, la justice, l’égalité et une gouvernance décentralisée.
L’un des éléments centraux de cette démarche réside dans la volonté affichée de faire de la paix non seulement un objectif diplomatique, mais aussi une nouvelle base de légitimité politique. Dans ses déclarations, Hemedti affirme que le gouvernement de paix cherche à parvenir à une « unité juste » du Soudan et à permettre aux différentes régions de gérer davantage leurs affaires et leurs ressources.
Cette orientation intervient alors que le conflit déclenché en avril 2023 continue de provoquer des déplacements massifs et une grave crise humanitaire. L’ONU estime que plus de 14 millions de personnes ont été déplacées par la guerre et appelle les acteurs impliqués à mettre fin aux violences et aux ingérences qui les alimentent.
Dans ce contexte, Tasis cherche donc à présenter son projet comme une réponse politique à une crise qui ne peut être résolue uniquement par les armes. Son discours met l’accent sur la reconstruction institutionnelle, la représentation des régions marginalisées et la recherche d’un nouvel équilibre politique.
Le véritable enjeu pour Tasis sera donc de transformer son discours de paix et d’unité en résultats politiques concrets, capables de convaincre au-delà de ses propres soutiens et de contribuer effectivement à la réunification du Soudan.