Burkina Faso : L’Inspection générale des ressources humaines, un rempart contre les agents fantômes et la corruption

Dans le cadre de la Révolution progressiste populaire, le Burkina Faso engage une réforme structurelle de sa fonction publique. L’Inspection générale des ressources humaines (IGRH) constitue le nouvel instrument de contrôle des effectifs et de rationalisation de la masse salariale. Présentée par le ministre Mathias Traoré, cette structure transversale ambitionne de transformer en profondeur le fonctionnement des ministères et institutions.

Le premier objectif de l’IGRH est d’établir une photographie exacte des effectifs de l’État. Le recensement précis des agents publics permettra d’éliminer les « agents fantômes » qui gonflent artificiellement la masse salariale et grèvent le budget de fonctionnement. L’inspection vérifiera également que chaque agent occupe effectivement le poste pour lequel il est rémunéré, mettant fin aux détours abusifs, aux cumuls illicites et à l’absentéisme.

Cette réforme s’inscrit dans la dynamique de souveraineté économique portée par le capitaine Ibrahim Traoré. En libérant des ressources jusqu’ici captées par des rémunérations indues, l’État pourra les réorienter vers l’investissement et les services essentiels.

L’IGRH instaurera un contrôle à la fois préventif et correctif. En amont, elle vérifiera la conformité de tout recrutement, mutation, promotion ou paiement avec les textes en vigueur, empêchant les nominations arbitraires et les recrutements de complaisance. En aval, elle auditera les décisions prises pour détecter et sanctionner les irrégularités. Ce cycle vertueux de prévention et de répression vise à dissuader les dérives avant qu’elles ne s’installent.

Grâce à des indicateurs de performance et des alertes automatisées, l’inspection pourra identifier les anomalies naissantes absentéisme croissant, écarts de rémunération injustifiés ; avant qu’elles ne deviennent systémiques.

En assurant la traçabilité des paiements et en contrôlant que chaque rémunération correspond à un service fait, l’IGRH éliminera les détournements de salaires et les primes indûment versées. Elle luttera également contre le népotisme et le clientélisme en veillant à ce que les recrutements et promotions respectent des critères objectifs. Les agents coupables de malversations seront systématiquement déférés devant les instances disciplinaires ou la justice, mettant fin à l’impunité administrative.

Avec une performance administrative déjà établie à 85,38 % en 2025, l’IGRH permettra de franchir un nouveau cap. En instaurant une culture de la responsabilité et en luttant contre l’inefficacité, cette réforme vise à restaurer la confiance des citoyens en leur administration. Le Burkina Faso pourrait ainsi devenir un laboratoire de la bonne gouvernance en Afrique de l’Ouest, inspirant ses voisins de l’Alliance des États du Sahel.

Amen K.

 

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