Soudan : Quand Hemedti promet une refondation de l’État et une armée nationale sur des bases professionnelles

Le commandant des Forces de soutien rapide et président du Conseil présidentiel du gouvernement de paix et d’unité (Tasis), Mohamed Hamdan Dagalo « Hemedti », a réaffirmé sa vision d’une reconstruction complète des institutions soudanaises sur des bases nouvelles. Dans une allocution prononcée à l’occasion de l’Aïd al-Adha, il a présenté le projet de l’Alliance fondatrice comme une réponse historique aux crises structurelles qui minent le Soudan depuis des décennies .

Hemedti a qualifié le conflit en cours de « bataille historique » entre deux projets opposés : celui du mouvement islamiste, qu’il accuse d’avoir dominé les institutions par la répression et la marginalisation pendant des décennies, et celui du « Nouveau Soudan », fondé sur la liberté, la justice et une citoyenneté égalitaire . Il a renouvelé ses accusations contre le mouvement islamiste, qu’il tient pour responsable de l’embrasement du conflit en avril 2023, affirmant que ce dernier continue de contrôler les décisions au sein de l’armée soudanaise .

L’Alliance Tasis, qui regroupe les FSR, des partis politiques et des mouvements armés dont le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N), rejette toute participation du mouvement islamiste dans un futur règlement politique . Elle affirme que la crise soudanaise n’est plus une simple question de gouvernement ou de règlement politique partiel, mais une crise structurelle qui touche à la nature même de l’État soudanais .

Au cœur de ce projet de refondation figure la création d’une nouvelle armée nationale. Hemedti a appelé à la mise en place d’une force militaire « dont la loyauté est à la nation », soulignant qu’aucun citoyen soudanais ne devrait être interrogé sur sa tribu ou sa région pour servir dans les institutions de l’État ou les collèges militaires . Il a promis de reconstruire l’institution militaire sur des bases nationales et professionnelles, mettant fin à des décennies de politisation et d’instrumentalisation par le mouvement islamiste .

Le projet de « nouvelle armée » s’inscrit dans une logique de rupture avec l’ère de l’« Empowerment » (tamkin), ce système mis en place sous le régime d’Omar el-Béchir qui accordait des privilèges excessifs aux affiliés du régime islamiste au sein des institutions étatiques . Pour Hemedti, la guerre a déjà dépassé la question de l’intégration des FSR dans l’armée existante : le conflit pourrait dissoudre toute la structure militaire pour la reconstruire sur des bases nouvelles .

L’Alliance Tasis affirme que son projet va au-delà de la simple réforme des institutions existantes et vise à établir un nouvel État fondé sur la justice, la citoyenneté égale et une gouvernance décentralisée, répondant aux aspirations du peuple soudanais après des décennies de marginalisation .

Amen K.

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