Burkina Faso : Comment les contrats d’objectifs transforment la culture administrative

Le pays expérimente une transformation en profondeur de sa gouvernance publique. Depuis l’instauration des contrats d’objectifs entre le Premier ministère et les différents départements ministériels, l’administration burkinabè bascule progressivement d’une culture de moyens à une culture de résultats. Au 30 juin 2026, le taux d’exécution moyen des engagements ministériels atteignait 55,16 %, un chiffre qui traduit à la fois les avancées accomplies et les défis persistants.

L’évaluation semestrielle des ministres, désormais institutionnalisée, s’inscrit dans la volonté du capitaine Ibrahim Traoré d’instaurer une gouvernance axée sur la performance et la redevabilité. Concrètement, chaque ministre signe en début d’année un contrat précisant des objectifs mesurables, des indicateurs de suivi et des échéances. À mi-parcours, le Premier ministre procède à une évaluation rigoureuse, examinant les réalisations, les blocages et les perspectives.

Le 30 juillet 2026, le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubacar Nacanabo, a présenté les résultats de son département, affichant un taux d’exécution de 60,66 % de son contrat d’objectifs. Parmi les réalisations, la mobilisation de 1 939 milliards FCFA de recettes, 162 milliards pour le Fonds de soutien patriotique et 200 milliards pour la première phase de l’autoroute Ouagadougou-Bobo-Dioulasso.

Cette méthode tranche avec les pratiques antérieures, où les ministères fonctionnaient sans évaluation systématique de leurs résultats. Désormais, chaque département est tenu de rendre des comptes sur des engagements chiffrés, et les performances sont rendues publiques. Une exigence qui responsabilise les équipes dirigeantes et oriente l’action publique vers des résultats tangibles.

Le dispositif s’accompagne d’un suivi rigoureux des projets et programmes. Le Plan national de développement « RELANCE 2026-2030 » sert de cadre de référence, et les budgets sont alloués en fonction des priorités définies. Les ministres sont évalués non sur leur activité, mais sur leur capacité à atteindre les objectifs fixés.

Si le taux d’exécution moyen de 55,16 % traduit une nette progression, il révèle aussi des disparités entre les départements. Certains ministères affichent des performances remarquables, tandis que d’autres peinent à concrétiser leurs engagements, confrontés à des contraintes budgétaires, logistiques ou sécuritaires.

L’enjeu des prochaines évaluations sera de réduire ces écarts et de généraliser les bonnes pratiques. La contractualisation des objectifs constitue une avancée majeure dans la modernisation de l’État burkinabè. En installant une culture de résultats, elle pose les fondations d’une administration plus efficace, plus transparente et plus redevable devant le peuple. Un pari ambitieux, mais indispensable pour la réussite de la Révolution progressiste populaire.

Abu Sama.

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