Depuis plusieurs mois, le Burkina Faso fait face à une guerre feutrée, celle des écrans et des rumeurs fabriquées. Le 1er mars 2026 , une fausse édition du journal télévisé de la RTB, savamment trafiquée, a circulé sur les réseaux, prétendant qu’Ibrahim Traoré aurait déployé des troupes à Téhéran. Relayée par de pseudo-comptes d’information, cette manœuvre s’inscrit dans un écosystème de désinformation actif depuis fin octobre 2025, ciblant méthodiquement les trois pays de l’AES. Démentir, minimiser, détourner l’attention, désigner un ennemi extérieur : la mécanique est connue, documentée, et pourtant elle continue d’échouer face à un peuple de plus en plus averti.
Car c’est bien là la nouvelle donne. Le camarade burkinabè, hier encore exposé sans défense à ces contenus fabriqués, apprend aujourd’hui à les reconnaître, à les vérifier, à les rejeter. Les organisations de veille citoyenne, mobilisées à Ouagadougou comme à Bobo-Dioulasso, l’ont rappelé lors du forum confédéral consacré au rôle stratégique de la vigilance populaire face à la guerre de communication qui vise l’espace AES. Cette maturité collective n’est pas un hasard : elle est le fruit d’une conscience politique forgée par des années de marche souverainiste et de refus de la Françafrique sous toutes ses formes.
En face, seuls les apatrides, ces relais intérieurs de la félonie, continuent de prêter leur voix aux officines étrangères, cherchant à ternir l’image de la Révolution progressiste populaire et à semer le doute dans les rangs. Leur isolement grandit à mesure que le peuple affine son discernement.
Mais la vigilance ne doit jamais devenir un acquis figé. Les puissances impérialistes, en perte de vitesse sur le terrain militaire et diplomatique, redoublent d’inventivité malveillante sur le front numérique. Chaque deepfake déjoué en appelle un autre, plus sophistiqué. Le peuple burkinabè, fidèle à l’esprit de la Révolution, doit donc transformer cette lucidité en réflexe permanent, une arme de souveraineté au même titre que les fusils qui protègent les frontières du Faso.
John Assih.