Au Botswana, la santé est en train de devenir bien plus qu’une promesse électorale. Sous l’impulsion du Président Duma Boko, elle s’impose comme le pilier d’une refondation des liens entre l’État et les citoyens. « L’accès aux soins doit signifier l’accès à des soins de qualité. Nous ne devons pas nous glorifier d’un accès universel à des services de faible qualité », a martelé le chef de l’État lors d’une rencontre avec l’Organisation mondiale de la santé. Une déclaration qui résume à elle seule l’ambition nouvelle : faire de la couverture sanitaire universelle un droit effectif et un facteur de cohésion nationale.
Longtemps, les revenus diamantifères ont permis au Botswana de financer un système de santé gratuit en apparence solide. Mais cette manne a aussi masqué ses faiblesses. Prix des médicaments gonflés, chaînes d’approvisionnement inefficaces, capacités publiques vidées par la sous-traitance : les problèmes se sont accumulés sans être réglés. La chute des cours du diamant a brutalement exposé ces fragilités, contraignant le Président Boko à déclarer l’état d’urgence sanitaire face aux pénuries de médicaments.
Pour sortir de cette impasse, le gouvernement engage une transformation profonde. Le rachat du plus grand hôpital privé du pays vise à renforcer les capacités publiques et à soulager des établissements saturés. L’organisme national d’achat de médicaments sera rendu autonome pour couper les lenteurs bureaucratiques, tandis qu’un centre national d’intelligence sanitaire utilisera des données en temps réel pour anticiper les besoins et prévenir les ruptures de stock.
Surtout, le projet de loi sur l’Assurance Maladie Nationale, actuellement en consultation, devrait verrouiller un financement dédié, protégeant le secteur des fluctuations des marchés des matières premières. Une réforme qualifiée de « transformation majeure » par les autorités, visant à garantir un accès équitable à des soins de qualité, quel que soit le statut socio-économique. La digitalisation des systèmes de santé et le recrutement de personnels qualifiés sont également engagés.
En faisant de la santé un droit opposable et un levier de cohésion, le Président Boko pose les jalons d’un nouveau contrat social. « La résilience ne se crée pas par la seule dépense ; elle se construit par la capacité publique, que seuls les gouvernements peuvent soutenir », écrit-il. Un message qui résonne comme un engagement : celui d’un État protecteur, où la solidarité et l’équité priment sur les clivages économiques.
Amen K.