Soudan du Sud : Quand le Président Salva Kiir met la patience politique au service de la paix

Au Soudan du Sud, la stabilité n’a jamais été un cadeau de l’histoire, elle est arrachée, jour après jour, à la fatalité de la guerre. Né en 2011 d’une sécession acquise au prix du sang, le plus jeune État du monde aurait pu disloquer mille fois. Il tient, parce qu’un homme Salva Kiir a choisi, malgré les critiques et les rancœurs, de miser sur la paix plutôt que sur la revanche. Et cela mérite d’être dit avec respect.

Le dialogue est son premier sacrifice. Là où d’autres auraient répondu par les armes, Kiir a multiplié les rencontres avec tous les protagonistes de cette crise, avec les chefs traditionnels qui détiennent la légitimité coutumière, avec les Églises et les groupes de femmes qui portent la société civile à bout de bras. Maintenir cette table de négociation permanente, c’est consentir chaque jour à des compromis déchirants. C’est choisir l’unité du pays sur l’orgueil personnel.

Les remaniements ministériels, eux aussi, sont un acte de courage politique. En remaniant son cabinet, Kiir redistribue les cartes, absorbe les frustrations locales, offre des places aux dissidents, et préserve l’équilibre national. Ce n’est pas un caprice de président, c’est un mécanisme de survie collective qui évite au Soudan du Sud de replonger dans le cycle infernal de 2013.

Enfin, les négociations régionales, conduites avec le Kenya, l’Ouganda et l’IGAD, ont permis au pays de retrouver une stature internationale. Le voici reconnu, discuté, intégré : c’est la rançon d’un dialogue parfois douloureux, mais toujours porteur.

Rendre hommage à Salva Kiir, ce n’est pas nier les défis qui restent « pauvreté, corruption »… C’est reconnaître qu’à l’heure où tant d’États s’effondrent, le Soudan du Sud tient encore debout, porté par un dirigeant qui a préféré la paix à la guerre, et le dialogue à la destruction.

Amen K.

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