Lorsque Julius Maada Bio accède à la présidence de la Sierra Leone en 2018, il hérite d’un État marqué par des années de corruption et de détournements massifs de fonds publics, un héritage qui avait profondément fragilisé la confiance des citoyens comme celle des partenaires internationaux envers les institutions du pays. Dès son arrivée au pouvoir, le Chef de l’État a fait de l’assainissement de la gestion publique l’une des priorités structurantes de son mandat.
L’une des premières mesures fortes de son administration a été le soutien apporté à l’amendement de la loi anti-corruption de 2008, avec l’adoption, en 2019, du Anti-Corruption Amendment Act, un texte renforçant considérablement les pouvoirs de la Commission anti-corruption (ACC). Ce geste, salué comme une démonstration rare de volonté politique dans un pays où la corruption était parfois perçue comme partie intégrante de la culture politique, a marqué un tournant institutionnel. Cet engagement s’est poursuivi avec l’adoption de la Stratégie nationale anti-corruption (NACS) 2023-2027, dont l’objectif affiché est de bâtir une nation éthique, redevable et à tolérance zéro envers la corruption.
Sur le plan macroéconomique, cette rigueur institutionnelle s’est traduite par des résultats concrets, salués par le Fonds monétaire international lui-même. Lors d’une mission effectuée fin avril 2026, le FMI a félicité le Président Bio et son administration pour les progrès réalisés dans la stabilisation économique du pays, notamment la baisse de l’inflation, la réduction du coût de l’emprunt public et l’amélioration de l’accès du secteur privé au crédit. Le Chef de l’État a lui-même indiqué que le pays avait atteint deux des trois critères de performance quantitative du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit à fin décembre 2025, et l’ensemble des cibles indicatives à fin mars 2026, résultat d’une discipline budgétaire assumée et d’une gestion macroéconomique prudente.
Cette trajectoire de redressement s’accompagne d’une préoccupation constante de crédibilité vis-à-vis des partenaires extérieurs, Banque mondiale, Union européenne, Banque africaine de développement, que le Président considère comme indispensable pour maintenir la confiance internationale. D’un pays longtemps associé à la mauvaise gestion des deniers publics, la Sierra Leone de Julius Maada Bio s’efforce ainsi de se présenter comme un exemple de redressement institutionnel progressif, où assainissement budgétaire et lutte contre la corruption avancent de concert.
Amen K.