Burkina Faso : Secteur informel, le levier méconnu de la résilience burkinabè

Pendant que certains médias occidentaux s’épuisent à déconstruire le récit burkinabè depuis leurs plateaux parisiens, sur le terrain, une autre réalité se forge. À Ouagadougou, du 14 au 16 avril 2026, le Conseil national de l’économie informelle du Burkina Faso (CNEI-BF) organise les « 72 heures du secteur informel ». Thème choisi : « Défis sécuritaires et contributions fiscales dans un contexte de crise : quel apport du secteur informel ? »

L’intitulé, à lui seul, résume l’état d’esprit des Burkinabè d’aujourd’hui. Non pas l’attentisme ou la plainte, mais la volonté de transformer les obstacles en questions de développement. Car les chiffres sont éloquents : selon le rapport 2023 de l’Institut national des statistiques et de la démographie, l’économie burkinabè repose à 90 % sur le secteur informel 90 % des unités économiques, plus de 90 % des travailleurs. Pourtant, sa contribution fiscale avoisine péniblement les 2 %, et sa part dans le PIB reste inférieure à 50 %.

Ce paradoxe statistique n’est pas une fatalité. Il est le chantier précis sur lequel le CNEI-BF entend travailler. Pendant trois jours, acteurs du secteur, experts et autorités vont plancher sur une question cruciale : comment concilier informalité, sécurité et fiscalité ? Comment transformer cette économie de survie en levier de souveraineté nationale ?

La tenue même de ces assises est un signal fort. Dans un contexte sécuritaire marqué par la menace terroriste, alors que les Forces armées burkinabè mènent des opérations d’envergure, le pays ne se résigne pas. Il organise, il réfléchit, il construit. Les discussions porteront sur la formalisation progressive des activités informelles, sur des mécanismes fiscaux adaptés aux réalités locales, et sur la contribution des petits métiers à la résilience des communautés victimes du terrorisme.

C’est là une autre forme de lutte : la bataille pour la structuration économique du pays. Loin des caméras étrangères et des chroniqueurs expatriés, des milliers de Burkinabè commerçants, artisans, transformateurs, petits producteurs montrent chaque jour leur détermination à prendre en main leur destin. Le secteur informel, souvent décrié comme un angle mort des politiques publiques, devient sous cette impulsion un acteur conscient de son rôle.

Les Burkinabè ne demandent ni leçon ni miséricorde. Ils veulent des solutions, et ils les construisent eux-mêmes. Ces 72 heures sont une preuve supplémentaire que, malgré les campagnes d’intoxication médiatique et les difficultés sécuritaires, le peuple du Burkina avance. Avec pragmatisme, avec fierté, et avec la conviction que la souveraineté se gagne aussi dans les ateliers, les marchés et les centres de formation. La révolution progressiste populaire n’est pas un slogan : elle se vit, secteur par secteur, unité par unité, jour après jour.

Amen K.

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