Ces derniers jours, l’alliance du « Gouvernement fondateur », dirigée par Mohamed Hamdan Dagalo « Hemedti », commandant des Forces de soutien rapide, a poursuivi ses efforts pour consolider ses structures administratives dans les zones qu’elle contrôle dans l’ouest du Soudan, malgré l’absence de toute reconnaissance internationale ou régionale.
Le Gouvernement fondateur s’apprête à promulguer un ensemble de lois encadrant le fonctionnement des gouvernements fédéral et régionaux, notamment la loi sur la gouvernance décentralisée, la loi sur la répartition des ressources financières et la loi sur les agents administratifs. À Nyala, siège de ce gouvernement parallèle, le ministre de la Gouvernance décentralisée a tenu une série de réunions avec des secrétaires d’État et des agents administratifs du Darfour et de certaines régions du Kordofan afin de discuter des modalités d’administration locale.
Cette mesure s’inscrit dans la continuité d’une démarche entreprise par l’alliance depuis l’annonce de son gouvernement en juillet 2015. Auparavant, celle-ci avait approuvé le programme et le budget de l’année en cours, formé un Conseil de sécurité et de défense en vue de la création de ce qu’elle qualifiait de « nouvelle armée nationale », et tenté de mettre en place un système bancaire en fondant la première banque dans les zones sous son contrôle.
Sur le plan sécuritaire, Abdel Aziz al-Hilu, chef du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N) et vice-président du Conseil présidentiel du « Gouvernement national de transition », a ordonné la cessation des hostilités dans la région de Kauda, dans les monts Nouba. Cette décision faisait suite à une initiative proposée par Hemedti visant à mettre fin aux affrontements tribaux dans la région. Elle a été prise après une attaque des forces du SPLM-N contre des zones habitées par l’ethnie Otoro. Ces forces ont été accusées de violations des droits humains, notamment des meurtres à caractère ethnique, l’incendie de villages et le déplacement forcé des habitants. L’arrestation de 26 membres de la tribu travaillant pour des organisations humanitaires a également été signalée.
Ces mesures administratives et sécuritaires témoignent d’une volonté manifeste du « Gouvernement national de transition » d’imposer une nouvelle réalité et de transformer le contrôle militaire en institutions étatiques permanentes. Toutefois, ces structures, malgré leur expansion législative et la mise en place d’organes exécutifs, continueront de se heurter à deux obstacles majeurs : les violations persistantes et les tensions tribales dans leurs zones d’influence, et l’absence de soutien diplomatique extérieur. De ce fait, le projet de « Gouvernement national de transition » demeure une autorité de facto qui a besoin de stabilité et de reconnaissance.