Investi président de la République le 15 janvier 2025, dans un climat de vive tension consécutif à une élection contestée et à des mois de manifestations postélectorales, Daniel Chapo a dû, dès son arrivée au pouvoir, conjuguer légitimité institutionnelle et exigence de réconciliation nationale. C’est dans ce contexte particulier que s’inscrivent les principales réformes politiques engagées par le nouveau Chef de l’État.
La première d’entre elles concerne le dialogue avec l’opposition. Après plusieurs mois de crise, une première rencontre a eu lieu, le 23 mars 2025, entre le Président Chapo et l’opposant Venâncio Mondlane, qui continuait alors de revendiquer sa propre victoire électorale. Ce geste d’ouverture a été suivi, en septembre 2025, par un pas plus significatif encore : l’intégration de Mondlane au sein du Conseil d’État, la plus haute instance consultative du pays, malgré une inculpation pour incitation au terrorisme toujours pendante. Une décision qui traduit la volonté du Chef de l’État de privilégier l’apaisement institutionnel plutôt que l’exclusion pure et simple de son principal rival politique.
Sur le plan judiciaire, le Président Chapo a également engagé un effort de modernisation, illustré par l’inauguration, en novembre 2025, du nouveau tribunal provincial de Nampula, présenté comme le symbole d’une nouvelle étape dans le fonctionnement de la justice mozambicaine. Le pays a par ailleurs procédé, au cours des cinq dernières années, à la révocation de 96 agents de l’administration judiciaire pour des faits de corruption, un chantier de discipline institutionnelle que le Chef de l’État a promis de poursuivre avec fermeté.
Le discours présidentiel s’est également structuré autour d’un thème récurrent : l’unité nationale. Lors des célébrations du cinquantenaire de l’indépendance, en juin 2025, devant environ 40 000 personnes réunies au stade de Machava, Daniel Chapo a appelé l’ensemble des Mozambicains, « du Rovuma à Maputo », à dépasser les clivages partisans, ethniques et régionaux.
Reste que ces réformes s’inscrivent dans un contexte encore fragile : l’indice de perception de la corruption de Transparency International a reculé de quatre points en 2025, signe que l’écart entre le discours politique et les résultats concrets demeure, pour l’heure, un défi majeur pour l’administration Chapo.
Amen K.