Le Ghana veut inverser la tendance. Face à une production pétrolière en chute libre passée de 71,4 millions de barils en 2019 à un niveau projeté de 36 millions de barils en 2026 la Commission pétrolière du pays se mobilise à l’international pour séduire de nouveaux investisseurs. La cible prioritaire, le Canada.
La PDG de la Commission, Emeafa Hardcastle, a conduit la délégation ghanéenne au Global Energy Summit 2026 au Canada, selon GhanaWeb du dimanche 14 juin. L’objectif était de présenter le bassin Voltaïen, un vaste bassin onshore couvrant environ 103 000 km², soit 40 % du territoire ghanéen. Pour convaincre les investisseurs canadiens, Hardcastle a mis en avant un atout majeur : les deux pays partagent un système juridique de common law, offrant un cadre réglementaire familier et prévisible.
« Le Ghana offre un potentiel en hydrocarbures significatif dans des bassins matures, frontières, onshores et offshores. Nous prenons des mesures pratiques pour améliorer notre compétitivité », a-t-elle déclaré lors de l’événement.
Au-delà du bassin Voltaïen, les investisseurs peuvent racheter des parts dans des blocs existants, évaluer des gisements peu explorés ou acquérir des droits dans les bassins de Tano et d’Accra-Keta. La Commission a déjà engagé 200 millions de dollars dans l’acquisition de données sismiques sur le Voltaïen. Ces travaux ont confirmé la présence d’un système pétrolier actif, avec des indices de méthane, d’éthane, de propane et de butane. Pourtant, aucun puits d’exploration n’a été foré dans ce bassin depuis 1974. La filiale d’Explorco prépare le forage de son premier puits entre fin 2026 et début 2027.
Cette offensive diplomatique intervient dans un contexte budgétaire tendu. Le pétrole contribue en moyenne à 7 % des recettes de l’État. En 2025, ces recettes ont chuté de 35,7 %, tombant à 600,8 millions de dollars. Cependant, des voix appellent à la prudence. L’Africa Sustainable Energy Center (ASEC) estime que, même en cas de découverte, une production commerciale dans le bassin Voltaïen ne serait pas envisageable avant 2033 à 2036.
Pour maintenir l’intérêt des investisseurs, la Commission prévoit d’organiser des sessions de consultation géologique lors du salon AOW Energy en septembre 2026. Elle a déjà participé à CERAWeek à Houston en mars et au Africa Energies Summit à Londres en mai, où Shell et Chevron ont confirmé leur partenariat sur le bloc South Deepwater Tano.
Le Ghana mise sur le long terme. Reste à convaincre les investisseurs d’attendre.
Amen K.