Afrique / Choléra et Ebola : Le premier semestre 2026 expose la fragilité sanitaire du continent noir

L’Afrique a traversé un premier semestre 2026 marqué par le retour en force de deux maladies infectieuses majeures. Entre la résurgence du choléra dans quatorze pays et une flambée d’Ebola d’une ampleur préoccupante en Afrique centrale, les systèmes de santé du continent ont été soumis à une pression extrême, rappelant que la santé reste un front de vulnérabilité majeur.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 45 000 cas de choléra ont été enregistrés entre janvier et fin avril dans 14 pays, principalement en Afrique centrale et australe. La République démocratique du Congo (RDC) concentre à elle seule plus de la moitié des cas, avec près de 24 000 infections et plus de 700 décès. Le Mozambique et le Soudan du Sud figurent également parmi les foyers les plus actifs. Ces chiffres traduisent des difficultés persistantes d’accès aux soins, notamment dans les zones rurales et celles affectées par l’insécurité ou les déplacements de populations.

Mais c’est Ebola qui a concentré l’attention internationale en raison de sa létalité. Le 17 mai 2026, l’OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale après l’apparition d’une flambée causée par la souche Bundibugyo (BVD) en RDC et en Ouganda. Au 29 mai, l’OMS recensait 906 cas suspects et 223 décès présumés en RDC, et 9 cas confirmés en Ouganda. La gestion de cette épidémie, l’une des plus importantes jamais enregistrées pour cette souche, est compliquée par l’absence de vaccin homologué, l’insécurité persistante et les difficultés de traçage des contacts.

Africa CDC estime à 319 millions de dollars le coût du plan continental conjoint de riposte sur six mois. Au-delà du coût direct, ces crises génèrent des effets macroéconomiques : perturbations des chaînes d’approvisionnement, réduction de la mobilité de la main-d’œuvre et restrictions aux frontières, comme celles observées entre la RDC et le Rwanda ou l’Ouganda.

Ces deux crises illustrent un même problème structurel : la dépendance des États africains à l’aide extérieure, faute d’investissements suffisants dans l’eau potable, l’assainissement et la surveillance épidémiologique. « La décision des Occidentaux de réduire leur aide a contribué à l’affaiblissement de la chaîne de surveillance sanitaire », a récemment déclaré Jean Kaseya, patron d’Africa CDC. Face à cette réalité, le Mozambique envisage par exemple de mobiliser 500 millions de dollars sur la période 2026-2030 pour éliminer le choléra. Une illustration de l’ampleur des ressources nécessaires pour sortir définitivement de la logique d’urgence.

Amen K.

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