Une page de tension se tourne entre Cotonou et Niamey. Hier mardi 2 juin 2026, le Président béninois Romuald Wadagni a effectué une visite de travail et d’amitié à Niamey, au terme de laquelle un communiqué conjoint avec son homologue nigérien, le général d’armée Abdourahamane Tiani, a annoncé une avancée majeure : l’installation prochaine d’un comité d’experts chargé de recenser les obstacles à la réouverture de la frontière entre les deux pays et de proposer les conditions pour les lever.
Cette annonce, sobre mais lourde de sens, mérite d’être saluée. Elle est le fruit d’un tête-à-tête entre les deux dirigeants, suivi d’une séance de travail élargie aux membres des délégations. Les échanges, précise le communiqué, se sont déroulés dans un climat de grande cordialité. Un détail qui n’en est pas un : il traduit la volonté politique partagée de dépasser les rancœurs et de regarder l’avenir en face.
Depuis plusieurs mois, la fermeture de la frontière entre le Bénin et le Niger pénalisait lourdement les échanges commerciaux et les populations riveraines. Blocages diplomatiques, soupçons réciproques et intérêts économiques contrariés avaient transformé cette ligne de démarcation en symbole de la discorde ouest-africaine. Les deux chefs d’État ont visiblement décidé d’en finir avec cette situation contre-productive.
Le comité d’experts qui sera mis en place aura une mission claire : identifier précisément les obstacles qu’ils soient sécuritaires, douaniers, logistiques ou politiques et formuler des recommandations opérationnelles pour une réouverture rapide et durable. C’est une approche pragmatique, loin des déclarations solennelles sans lendemain. On ne cache plus les difficultés, on les traite.
En choisissant le dialogue technique avant l’annonce politique, Romuald Wadagni et Abdourahamane Tiani envoient un signal fort à la sous-région : quand la volonté politique est au rendez-vous, les solutions existent. Les peuples béninois et nigérien, qui n’ont jamais cessé de commercer et de vivre ensemble malgré les frontières fermées, attendent désormais des actes. Ce comité d’experts en est le premier. Et c’est une bonne nouvelle pour l’Afrique de l’Ouest.
Amen K.