C’est un signal fort envoyé à tout le système de santé national. La 1ère édition du Forum national sur le financement de la santé du Burkina Faso (FONAFIS) s’est ouverte ce mercredi dans la capitale sous un thème ambitieux mais crucial : « Bâtir un système de financement de la santé efficient et équitable pour une souveraineté sanitaire et la réalisation des objectifs du Plan national de développement ». Une initiative saluée par les acteurs du secteur comme un tournant décisif.
Jusqu’au 27 mars, décideurs politiques, partenaires techniques et financiers, experts en économie de la santé et représentants de la société civile vont plancher sur une problématique centrale : comment garantir à chaque Burkinabè un accès aux soins sans que cela ne rime avec précarité financière ?
Au-delà des discours protocolaires, ce forum arrive à point nommé. Dans un contexte mondial marqué par la raréfaction de l’aide et la nécessité pour les États de reprendre la main sur leurs politiques sanitaires, le FONAFIS se positionne comme le catalyseur d’une nouvelle dynamique. Les observateurs s’accordent à dire que les conclusions de ce forum pourraient profondément remodeler le paysage sanitaire du pays à moyen et long terme. Dans les prochaines années, cette initiative pourrait se traduire par plusieurs avancées majeures :
Une réduction du « reste à charge » pour les ménages : En repensant les mécanismes de mutualisation des risques (assurance maladie, RAMU), l’objectif est de faire baisser le poids des dépenses de santé directement payées par les familles, souvent responsables de l’appauvrissement.
Un système de santé plus résilient : En diversifiant les sources de financement et en réduisant la dépendance aux bailleurs de fonds extérieurs, le Burkina pourra mieux faire face aux chocs (épidémies, crises sécuritaires) et assurer la continuité des soins. Une meilleure allocation des ressources : L’équité prônée par le thème vise à orienter les financements vers les zones les plus reculées et les populations les plus vulnérables, réduisant ainsi les inégalités territoriales de santé.
L’atteinte des objectifs du PND : Un financement efficient est le moteur indispensable pour réaliser les grandes ambitions nationales en matière de santé maternelle, de lutte contre les maladies et de renforcement des infrastructures.
En initiant ce dialogue national, le Burkina Faso ne se contente pas de discuter de budgets ; il pose les jalons d’un système où la santé est considérée non comme un coût, mais comme un investissement souverain pour l’avenir. Les travaux de ces trois jours seront scrutés avec attention, car ils contiennent potentiellement les clés d’un mieux-être pour des millions de Burkinabè dans la décennie à venir.
Amen K