Mozambique : Quand le Président Daniel Chapo mise sur la formation professionnelle comme levier d’insertion des jeunes dans l’industrie gazière

Alors que le méga-projet gazier de Cabo Delgado reprend son cours après cinq années d’interruption, le Président Daniel Chapo place la formation des Mozambicains au cœur de sa stratégie énergétique. Le chef de l’État l’a répété lors de la relance officielle du projet Mozambique LNG, aux côtés du PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné : ce redémarrage doit avoir « un impact direct et significatif sur la création d’emplois » et accélérer « la montée en compétences des travailleurs mozambicains ». Une ambition qui trouve déjà une traduction concrète sur le terrain, avec plus de 4 000 travailleurs mobilisés sur le site d’Afungi, dont plus de 3 000 ressortissants nationaux.

L’enjeu dépasse la seule phase de construction. Le gouvernement, à travers le ministère des Ressources minérales et de l’Énergie, a mis en place un Groupe de travail sur le contenu local chargé de structurer l’accès des Mozambicains aux emplois qualifiés de la filière. Des centres d’excellence de formation, coordonnés au niveau national, doivent désormais professionnaliser main-d’œuvre et petites entreprises locales, en partenariat avec l’Institut national de normalisation et de qualité. L’objectif est clair : éviter que les milliers de postes techniques générés par les mégaprojets gaziers ne soient captés par une expertise exclusivement étrangère.

Sur le terrain, les premiers résultats se dessinent. À Pemba, capitale du Cabo Delgado, TotalEnergies a organisé en mars une série de séminaires présentant aux fournisseurs locaux des opportunités concrètes dans dix secteurs, de la construction à la logistique en passant par les technologies de l’information. Le gouverneur provincial a salué cette relance comme une chance de reconnecter le tissu économique local à l’un des plus grands investissements jamais réalisés en Afrique, estimé à 20 milliards de dollars.

Avec l’extension prévue de la plateforme Coral Sul aux côtés du groupe italien ENI d’ici 2028, la production gazière mozambicaine s’apprête à doubler. Pour Daniel Chapo, cette trajectoire ne peut se construire sans une jeunesse mozambicaine formée, qualifiée et prête à occuper les postes de demain. C’est le prix d’une souveraineté énergétique réelle : transformer une richesse du sous-sol en compétences durables pour la nation, plutôt qu’en simple rente captée par des intérêts extérieurs.

Patrice A.

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