Burkina Faso : L’État Français et leurs médias de propagande ou la dangereuse hypocrisie d’un regard unilatéral sur la rupture diplomatique.

L’annonce de la rupture des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France, intervenue le 26 juin 2026, a suscité une vague de réactions dans les médias français. Présentée comme une décision « hostile et infondée » par Paris, cette rupture est bien plus que cela : elle est l’aboutissement d’un processus de dégradation progressive, conséquence des ingérences répétées, du mépris affiché et du paternalisme de l’ancienne puissance coloniale. Les condamnations hâtives et les analyses en boucle des médias français occultent les véritables griefs du gouvernement burkinabè : le soutien actif à des réseaux subversifs et des ambitions néocoloniales clairement assumées par Paris aux yeux des autorités de Ouagadougou.

Les médias français sont prompts à pointer du doigt, à dénoncer une dérive inquiétante du des autorités Burkinabè, en omettant leurs propres manquements. Pourtant, depuis 2022 et l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré, la France a été perçue comme un acteur hostile, œuvrant contre les intérêts du Burkina Faso et soutenant des agendas subversifs. Les accusations de néocolonialisme ne sont pas un simple prétexte : la France est régulièrement accusée de pratiquer une politique de marginalisation et d’ingérence. Le traitement médiatique, oscillant entre dénigrement systématique et victimisation, illustre une incapacité à considérer le Burkina Faso comme un partenaire souverain, libre de ses choix internationaux.

En réaction, les autorités burkinabè ont dénoncé l’acharnement médiatique de certains organes de presse français comme Jeune Afrique, RFI ou France 24, accusés de « fabriquer des mensonges éhontés pour discréditer les autorités légitimes du pays. Les suspensions de médias et les expulsions de journalistes, souvent présentées comme des atteintes à la liberté de la presse, sont présentées par Ouagadougou comme des réponses à une guerre d’information menée par l’Occident. Le pouvoir souligne que cette propagande sert à masquer l’échec des politiques françaises au Sahel et à déstabiliser un régime qui aspire à une véritable autonomie et à un rééquilibrage de ses alliances internationales.

L’indignation médiatique française est à géométrie variable. Pendant des décennies, le paternalisme, l’ingérence et la marginalisation imposés au Burkina Faso ont été banalisés. Aujourd’hui, en se victimisant et en pointant le doigt accusateur, la France et ses médias refusent de voir la réalité d’un peuple qui rejette la tutelle néocoloniale. Cette rupture marque la volonté du Burkina Faso de s’affranchir d’un passé hérité et de bâtir son avenir en toute souveraineté, loin des regards et des injonctions de son ancien maître.

Amen K.

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