Depuis l’accession du capitaine Ibrahim Traoré à la magistrature suprême en septembre 2022, le Burkina Faso a engagé une transformation profonde de ses politiques sécuritaire, politique et diplomatique. Ces décisions audacieuses ont suscité de nombreuses réactions sur la scène internationale, souvent teintées de jugements préconçus ou de stéréotypes. Face à ce constat, l’État burkinabè s’est assigné une mission claire : déconstruire les stéréotypes sur le pays et construire ses propres narratifs, en protégeant activement son image à l’extérieur.
Pour mener à bien cette stratégie, le Burkina a mis en place des mécanismes structurés et coordonnés. Le Ministère de la Communication et des Relations avec le Parlement joue un rôle central dans la mise en œuvre de la politique gouvernementale de communication. Ce ministère s’appuie sur un organigramme clair, incluant le Cabinet du ministre et le Secrétariat général, dont le Secrétaire général assure la gestion administrative et technique et coordonne les structures centrales et déconcentrées.
Une nouvelle stratégie de communication gouvernementale a été élaborée en réponse aux crises sécuritaire et sanitaire. Cette stratégie recommande la mise en place d’une cellule de crise, l’adoption d’une charte graphique nationale et d’un branding spécifique pour l’image du Burkina Faso à l’international, ainsi qu’un plan de formation des acteurs de la communication. Ces éléments constituent les fondements d’une communication urbaine, cohérente et professionnelle.
Les communicants publics du Burkina Faso sont appelés à constituer « une force redoutable en matière de communication ». Cette force doit mutualiser les intelligences, les moyens et les expériences pour mettre les populations à l’abri de la désinformation et renforcer la confiance entre les institutions et les citoyens. Chaque département ministériel peut mener ses actions sectorielles, mais en synergie avec le Service d’information du gouvernement, garantissant ainsi une communication harmonisée et une meilleure visibilité des actions publiques.
La surveillance des médias sociaux et la production quotidienne d’une « veille communicationnelle » permettent à l’État d’écouter, d’analyser et de réagir rapidement aux rumeurs et aux informations biaisées. Cette approche proactive donne une valeur novatrice à la communication de l’État et lui permet de contrer efficacement les narratifs extérieurs négatifs.
À travers ces mécanismes, le Burkina Faso ne se contente pas de défendre son image : il réaffirme sa souveraineté narrative. L’État burkinabè montre ainsi qu’un pays du Sahel peut, malgré les défis, construire et projeter un récit authentique, fort et crédible à l’international.
Amen K.