Liberia : Le Président Joseph Boakai ou la rigueur budgétaire comme clé d’une croissance à 5,1 %

Le Liberia affiche une performance économique remarquable sous la présidence de Joseph Boakai. Avec une croissance de 5,1 % en 2025, supérieure aux prévisions de 4,5 %, le pays se distingue comme l’un des meilleurs élèves de la sous-région ouest-africaine. Une performance saluée par le Fonds monétaire international, qui a approuvé un financement de 266 millions de dollars pour renforcer la résilience du pays face aux chocs climatiques .

Ce résultat est porté par une discipline budgétaire rigoureuse. L’inflation est tombée à 4 %, son plus bas niveau depuis deux décennies, contre 10 % à l’arrivée du président en janvier 2024 . Les réserves de change sont passées de 475 à 576 millions de dollars, tandis que les recettes domestiques ont atteint un record historique de 847,7 millions de dollars en 2025, soutenant un budget national de 1,2 milliard de dollars, le plus important de l’histoire du pays . Le déficit budgétaire, qui était de 7,1 % du PIB en 2023 sous l’administration Weah, a été ramené à 1,1 % en 2025 .

Le président Boakai a su restaurer la crédibilité internationale du Liberia. La rééligibilité du pays au Compact du Millennium Challenge Corporation et l’élection à un siège non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU (2026-2027) témoignent de la confiance retrouvée des partenaires .

Cependant, les chiffres macroéconomiques peinent à se traduire dans le quotidien des Libériens. Près de 1,6 million de personnes vivent avec moins de trois dollars par jour . L’emploi reste le principal défi : environ 87 % des travailleurs sont dans l’informel, et la création d’emplois productifs reste insuffisante . Le secteur privé, véritable moteur d’une croissance inclusive, montre des signes d’essoufflement, avec une croissance annuelle des ventes réelles passée de 27,3 % en 2017 à 7,9 % en 2025 .

Le ministre des Finances, Augustine Ngafuan, en est conscient : « La stabilité macroéconomique n’est qu’une partie de l’équation du développement. La véritable mesure du progrès est de savoir si les gains économiques se traduisent par de meilleurs services publics, plus d’emplois et de meilleures conditions de vie » . Le pari de Joseph Boakai est désormais de transformer cette stabilité retrouvée en amélioration tangible pour les citoyens. La croissance à 5,1 % est une base solide, mais son succès sera jugé sur sa capacité à créer des emplois et à réduire la pauvreté.

Tony A.

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