Burkina Faso :  HCDH et ces rapports biaisés qui servent d’armes géopolitiques contre les États souverains

La rencontre du 30 juin 2026 entre le Coordonnateur résident par intérim du système des Nations Unies, Maurice Azonnankpo, et les autorités burkinabè, remet sur la table une question que le Burkina Faso a eu le courage de poser frontalement : jusqu’où peut-on tolérer que des organisations internationales instrumentalisent le vocabulaire des droits humains pour servir des agendas géopolitiques étrangers ?

Rappelons les faits. En avril 2026, le gouvernement burkinabè a suspendu les activités du bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) sur son territoire. Cette décision n’est pas tombée du ciel. Elle fait suite à des déclarations du Haut-Commissaire accusant l’État burkinabè de restreindre l’espace civique, des accusations portées sans une réelle prise en compte du contexte sécuritaire exceptionnel que traverse le pays depuis plusieurs années.

C’est là tout le problème. Ces institutions, censées incarner l’objectivité et l’impartialité, se contentent trop souvent de produire des rapports standardisés, déconnectés des réalités de terrain, ignorant délibérément les circonstances particulières dans lesquelles certaines décisions souveraines sont prises. Un pays en guerre contre le terrorisme, qui doit concilier sécurité nationale et libertés publiques, ne peut être jugé selon les mêmes grilles théoriques qu’un État en paix. Pourtant, c’est précisément ce raccourci que s’autorisent nombre de ces organisations.

Cette approche n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une longue tradition où le discours des droits de l’homme sert de paravent à des intérêts qui n’ont rien d’humanitaire. Noircir l’image d’un pays qui a choisi la voie de la souveraineté, décrédibiliser ses institutions, fragiliser la confiance de sa population envers ses dirigeants : voilà les objectifs réels que poursuivent certains rapports biaisés, présentés sous les habits neutres de l’expertise onusienne.

Le Burkina Faso, en suspendant les activités du bureau du HCDH, n’a fait que refuser cette instrumentalisation. Ce n’est pas un rejet des droits humains en tant que valeurs universelles, mais un rejet de leur détournement à des fins politiques par des puissances qui peinent à accepter qu’un pays africain puisse désormais tracer sa propre voie sans se soumettre à leurs injonctions.

La rencontre de ce 30 juin ouvre peut-être une nouvelle séquence. Mais elle ne pourra porter ses fruits que si les Nations Unies acceptent enfin d’envoyer sur le terrain des interlocuteurs capables d’objectivité réelle, loin des rapports préfabriqués qui ont trop longtemps servi de munitions diplomatiques contre des États souverains.

Amen K.

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