Burkina Faso : Rupture diplomatique avec la France, l’heure de l’éveil citoyen a sonné

Le 26 juin 2026 restera une date charnière dans l’histoire diplomatique du Burkina Faso. Ouagadougou a définitivement tourné la page de sa relation institutionnelle avec Paris, dénonçant un « activisme incessant » et des « ambitions néocoloniales » nourries par le soutien actif à des réseaux subversifs et terroristes. Une décision longuement mûrie, et non un coup de tête.

Connaissant la France et ses méthodes éprouvées de rancune diplomatique et de manœuvres souterraines, le peuple burkinabè a toutes les raisons de rester sur ses gardes. L’histoire récente du continent regorge d’exemples où l’ancienne puissance coloniale, blessée dans son orgueil, a su transformer son dépit en hostilité active.

L’élément déclencheur de cette rupture mérite qu’on s’y attarde. C’est la sortie tonitruante du général Christophe Gomart, député européen et ancien chef des forces spéciales françaises, qui a mis le feu aux poudres. À l’occasion d’une résolution du Parlement européen adoptée le 18 juin, l’ex-militaire a dressé un réquisitoire sévère contre le Burkina Faso, évoquant un échec sécuritaire et un recul des libertés. Ce discours, perçu par Ouagadougou comme la énième manifestation du mépris, a constitué la goutte d’eau qui a fait déborder le vase d’une relation déjà à bout de souffle.

Or, il faut savoir lire entre les lignes. Lorsqu’un haut gradé français affirme publiquement que le terrorisme progresse depuis le départ de Paris du Sahel, la France se donne les moyens de prouver, par les faits, qu’elle avait raison. Le peuple burkinabè doit donc s’attendre, dans les prochains mois, à une recrudescence possible des attaques terroristes, savamment orchestrée ou simplement opportuniste, destinée à conforter le narratif selon lequel la souveraineté retrouvée rime avec chaos sécuritaire.

Face à ce scénario redouté, la résilience populaire devient une arme stratégique. Elle passe par un soutien sans faille au Président Ibrahim Traoré, dont la vision repose sur une refondation profonde de l’État, le renforcement de l’armée nationale et la diversification des partenariats vers des alliés respectueux de la souveraineté burkinabè. Cette vision noble, ancrée dans la dignité et l’autodétermination, ne pourra porter ses fruits que si le peuple reste uni, vigilant et lucide face aux tentatives de déstabilisation.

L’éveil citoyen n’est plus une option, c’est une nécessité. Chaque Burkinabè doit devenir un acteur de la vigilance collective, capable de déjouer la désinformation, de signaler les menaces et de soutenir les forces de défense et de sécurité dans leur mission. Le chemin de la souveraineté pleine et entière, tracé par l’AES, est semé d’embûches. Mais l’histoire jugera ceux qui auront eu le courage de tenir bon face à l’adversité orchestrée par ceux qui refusent de voir l’Afrique se libérer de leur tutelle.

Amen K.

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