Togo :  Cap sur les 10 000 tonnes pour relancer une filière en quête de rebond

Réunis lundi 15 juin 2026 à Tsévié pour l’assemblée générale ordinaire de l’Union régionale des cotonculteurs de la Maritime (URCOTON COOP-CA), les producteurs ont affiché une ambition claire : porter la production régionale à 10 000 tonnes lors des prochaines campagnes. Cette volonté de reprise intervient après une campagne 2024‑2025 difficile, marquée par une chute importante des rendements.

Selon les chiffres présentés, la région a produit 3 629 tonnes de coton sur 4 525 hectares, contre 6 452 tonnes sur 6 715 hectares lors de la campagne précédente un repli de 43,75%. URCOTON attribue cette contre‑performance à une pluviométrie défavorable, à des semences de moindre qualité et à l’apparition précoce des jassides, ravageurs qui ont fortement réduit les rendements.

Ce constat régional contraste avec les signaux de redressement observés au niveau national. La Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT) fait état d’environ 79 000 tonnes de coton graine pour la campagne 2025‑2026, contre 60 403 tonnes l’année précédente, soit une hausse de plus de 20%. Les rendements moyens nationaux sont passés à 995 kg/ha, contre 797 kg/ha, une amélioration attribuée à une meilleure maîtrise des ravageurs, au maintien du prix d’achat du coton graine à 300 FCFA/kg et à la poursuite des subventions sur les engrais.

Dans la Maritime, les producteurs pointent cependant des freins structurels persistants : difficultés d’accès au foncier, insuffisance du financement agricole, aléas climatiques et retards de paiement qui pèsent sur la mobilisation des cultivateurs. Pour inverser la tendance, les responsables de la filière misent sur l’amélioration des rendements, la remobilisation des producteurs et une implication plus forte des jeunes et des femmes.

Les objectifs régionaux s’inscrivent aussi dans une ambition nationale plus large : la relance de la filière vise une production comprise entre 150 000 et 200 000 tonnes à l’horizon 2030. Atteindre ces chiffres exigera des mesures concrètes accès aux intrants de qualité, formation agronomique, mécanismes de financement adaptés et cadence des paiements ainsi qu’une coordination renforcée entre acteurs publics et privés pour transformer la volonté affichée en résultats tangibles.

Amen K.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *