Le Ghana a annoncé jeudi le report de l’évacuation de plus de 800 de ses ressortissants vivant en Afrique du Sud, une décision motivée par des contraintes logistiques et administratives. Ce processus, qui devait débuter jeudi, a été retardé en raison du nombre élevé de personnes à rapatrier et des procédures légales imposées par les autorités sud-africaines.
L’initiative d’évacuation fait suite à une vive indignation provoquée par une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Les images montrent Emmanuel Asamoah, un ressortissant ghanéen résidant en Afrique du Sud, en train de se faire agresser lors des récentes violences xénophobes qui ont ciblé des étrangers dans le pays. Ces actes, régulièrement dénoncés par les communautés immigrées, ont poussé le gouvernement ghanéen à réagir fermement. Au début du mois, le ministère ghanéen des Affaires étrangères avait annoncé l’organisation d’un rapatriement volontaire de ses compatriotes souhaitant quitter le sol sud-africain.
Cependant, le processus s’avère plus complexe que prévu. Dans un communiqué publié jeudi, le ministère a expliqué : « Compte tenu du nombre de personnes concernées et des conditions légales sud-africaines à respecter, notamment le contrôle obligatoire des passagers, la coordination multi-institutionnelle et les autorisations de vol, l’évacuation prévue a été reportée de quelques jours. » Résultat : un seul Ghanéen s’est présenté jeudi à l’aéroport international O.R. Tambo pour cette première vague.
Les autorités ghanéennes ont précisé que des discussions sont en cours avec leurs homologues sud-africaines pour accélérer les procédures et permettre un départ dans les meilleurs délais. Un accord a d’ores et déjà été trouvé pour fluidifier les échanges administratifs.
Malgré ce contretemps, le gouvernement d’Accra réaffirme son engagement à protéger ses citoyens. Il a promis d’offrir aux personnes évacuées une aide financière à la réintégration, ainsi qu’un soutien psychosocial pour les aider à surmonter les traumatismes liés aux violences subies.
Cette situation met en lumière les fragilités persistantes autour des vagues xénophobes en Afrique du Sud, un phénomène récurrent qui pousse régulièrement plusieurs pays africains à rapatrier leurs ressortissants. Pour les 800 Ghanéens concernés, l’attente se prolonge encore de quelques jours avant de pouvoir rentrer au pays.
Amen K.