Ghana : Gaz local contre déficit électrique, l’État lance une centrale de 1200 MW pour réduire ses coûts de 75 %

Face à une demande énergétique en forte hausse et un réseau fragilisé, le Ghana accélère sa transition vers le gaz naturel local. Selon une analyse du cabinet Deloitte publiée fin novembre 2025, cette stratégie pourrait réduire jusqu’à 75 % les coûts de production d’électricité.

Le président John Dramani Mahama a officialisé samedi 2 mai, lors d’une tournée citoyenne dans la région de l’Est baptisée « Resetting Ghana », la construction d’une centrale au gaz de 1200 mégawatts. La première pelletée de terre interviendra avant la fin de l’année 2026, a-t-il promis.

« À notre arrivée au pouvoir, la consommation électrique tournait autour de 3500 mégawatts. Aujourd’hui, la demande de pointe atteint 4300 MW », a expliqué le chef de l’État, justifiant cette hausse par l’augmentation des investissements et de l’activité économique. L’objectif est d’ajouter des capacités pour sécuriser un réseau aujourd’hui poussif.

Le projet, déjà présenté par le ministre des Finances Cassiel Ato Forson lors du budget 2026 en novembre 2025, sera alimenté par 150 millions de pieds cubes standard de gaz supplémentaires par jour, provenant des champs offshores Jubilee et OCTP via l’accélération de l’usine GPP-2. Particularité : la centrale sera détenue par l’État, marquant un retour du gouvernement dans un secteur dominé depuis vingt ans par des producteurs indépendants.

L’urgence est réelle. Le secteur électrique ghanéen affichait un déficit de 2,2 milliards de dollars en 2024, malgré 2,1 milliards de transferts publics. Sans réformes, la dette cumulée pourrait dépasser 9 milliards d’ici fin 2026, selon les projections du FMI. L’Electricity Company of Ghana (ECG) ne récupère que 62 % de l’énergie qu’elle achète.

L’incendie du barrage d’Akosombo le 23 avril dernier a rappelé avec brutalité cette fragilité. La salle de contrôle ravagée a entraîné l’arrêt complet de l’ouvrage, soit une perte de 1000 MW, auxquels se sont ajoutés 150 à 200 MW perdus à Kpong. Le ministre de l’Énergie John Jinapor a parlé d’« une des perturbations les plus graves jamais enregistrées ». Si la production a été rétablie le 1er mai, l’incident a mis en lumière la dépendance excessive du Ghana à une seule infrastructure hydroélectrique.

Au-delà des frontières, Mahama voit plus loin. Les capacités supplémentaires permettront au pays d’exporter de l’électricité vers ses voisins, dont le Burkina Faso, générant ainsi des devises précieuses. La future centrale représenterait un renforcement d’environ 28 % de la capacité de pointe actuelle.

Amen K.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *