Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a insisté lundi 6 avril sur la nécessité de dépasser les seules réponses sécuritaires face au terrorisme qui frappe l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux et relayé par son homologue malien, Abdoulaye Diop, il a affirmé que « la lutte contre le terrorisme et la quête de la paix ne peuvent se limiter aux seules réponses militaires ou sécuritaires ».
Selon M. Dussey, ces défis exigent également un renforcement des mécanismes d’intégration socio-économique, car les causes structurelles des crises sécuritaires restent trop souvent négligées. Il a plaidé pour une approche combinée reposant sur « la stabilité institutionnelle, l’inclusion sociale et le développement partagé », conditions essentielles pour construire une paix durable. Le relais de ce message par le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, témoigne d’une convergence de vues régionale.
Cette prise de position s’inscrit dans la continuité des alertes lancées fin mars par le ministre togolais. Il avait alors mis en garde contre les risques d’une déstabilisation de la Confédération des États du Sahel (AES), estimant qu’un affaiblissement de ce bloc composé du Mali, du Burkina Faso et du Niger aurait des répercussions sur l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. « Si l’AES vacille aujourd’hui, c’est toute la région qui sera menacée », avait-il déclaré, défendant le principe d’une sécurité « indivisible ».
Ces initiatives diplomatiques interviennent alors que le Sahel reste l’épicentre du terrorisme. Selon l’Indice mondial du terrorisme (GTI) 2026, la région concentre plus de la moitié des décès liés aux violences djihadistes, contre moins de 1 % en 2007. On note toutefois une amélioration relative en 2025, avec une baisse des victimes au Burkina Faso (-45 %) et au Mali (-42 %), ainsi qu’un recul des attaques au Niger.
Malgré ces progrès, la persistance des groupes armés comme le JNIM et l’État islamique au Sahel, les dynamiques transfrontalières et les fragilités structurelles faible contrôle territorial, instabilités politiques, manque d’opportunités économiques continuent d’alimenter le recrutement. La montée en puissance de la Confédération des États du Sahel vise à structurer la réponse militaire, mais la région devrait rester, en 2026, la plus touchée au monde. Pour Robert Dussey, seule une approche globale alliant sécurité, développement et inclusion sociale permettra d’inverser durablement la tendance.
Amen K.