Burkina Faso : Quand la récente interview du Président Ibrahim Traoré révèle l’hypocrisie ostentatoire des médias français.

Au lendemain de l’interview fleuve du capitaine Ibrahim Traoré, plus de deux heures durant lesquelles il a abordé la souveraineté, la sécurité, l’économie ou encore la justice, un seul mot a suffi pour déclencher la cacophonie médiatique occidentale : « démocratie ». Jeune Afrique, comme d’autres, a résumé l’échange par une formule choc : « les Burkinabè doivent oublier la démocratie ». On cherchera en vain une analyse substantielle sur le fond du discours, sur la refondation des institutions ou sur le sort judiciaire de Damiba, évoqué presque en passant.

Cet acharnement est ahurissant, mais surtout révélateur. Que se passe-t-il lorsque l’on gratte le vernis des démocraties impérialistes ? Prenons la France. Celle qui se pose en donneuse de leçons africaines a vu, lors du mouvement des Gilets jaunes, des manifestants matraqués, gazés, privés de liberté de circuler sur leurs propres ronds-points. Des centaines de blessés, des procès expéditifs, et une réponse sécuritaire brutale présentée comme l’ordre républicain. Une démocratie où l’on peut encore protester, certes, mais où la parole populaire est systématiquement criminalisée.

Quant à la guerre en Ukraine, elle a donné lieu à une mobilisation médiatique totale, presque sacrée, de la part des mêmes chaînes qui ne voient dans la politique de la Russie qu’une aberration. Cerise sur le gâteau, les médias russes qui ont cherché à équilibrer les informations sont obligés de fermer la porte. Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » ?

Lorsque le Président Ibrahim Traoré appelle à « oublier la démocratie », il ne fait pas l’apologie de la tyrannie. Il pointe, sans doute, l’impossibilité de calquer un modèle électoral occidental sur un pays en guerre contre le terrorisme, rongé par la corruption et la manipulation extérieure. La France devrait se taire sur la démocratie tant qu’elle justifie la suspension des libertés chez elle dès qu’un gilet jaune apparaît.

L’Afrique n’a pas besoin de leçons. Elle a besoin de regards honnêtes. Or, l’acharnement des médias impérialistes contre Ouagadougou prouve une chose : ils ne craignent pas l’absence de démocratie, ils craignent l’indépendance.

Amen K.

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