Sahel : les médias Français, quand l’information devient une arme au service du chaos

Depuis un temps, un fossé s’est creusé entre les opinions publiques sahéliennes et une certaine presse internationale. Des titres pourtant prestigieux comme Jeune Afrique, RFI, France 24 ou Le Monde sont aujourd’hui perçus par les populations et les autorités de l’Alliance des États du Sahel (AES) non plus comme des vecteurs d’information, mais comme des instruments de déstabilisation. Comment expliquer cette défiance généralisée ? Par une couverture médiatique qui, à force de partialité, frôle l’apologie du terrorisme et le soutien aux conflits qu’elle est censée dénoncer.

Le problème n’est pas tant dans les faits rapportés que dans la manière de les nommer. Lorsque la France est frappée, les médias hexagonaux parlent sans hésitation d’attentats terroristes. En revanche, quand il s’agit des exactions qui ensanglantent le Sahel, ces mêmes rédactions optent pour un vocabulaire bien plus tiède, parlant de groupes jihadistes ou d’insurgés ou carrément des rebelles.

Cette sémantique n’est pas anodine. Elle relègue les massacres de civils au rang d’un conflit local flou, déconnecté de la menace terroriste globale. Pire encore, elle offre une forme de légitimité à des organisations classées terroristes. En refusant d’utiliser le terme « terroriste » pour décrire les exactions de JNIM ou de l’EIGS, ces médias participent à une forme de banalisation du mal qui frappe l’Afrique.

L’exemple le plus frappant de cette dérive reste le traitement médiatique réservé aux chefs terroristes. Le cas du journaliste Wassim Nasr, collaborant avec France 24 et RFI, est emblématique de ce malaise. Ses interviews et ses analyses détaillées de figures comme Hamadoun Kouffa, Iyad Ag Ghali, Djamel Okacha, d’Abou Hassan al-Ansari ont été perçues comme une caisse de résonance pour la propagande des groupes armés.

Cette complaisance lexicale s’accompagne d’une opposition systématique aux gouvernements de transition de l’AES. Les mêmes médias qui trouvent des circonstances atténuantes pour ne pas qualifier les terroristes, se montrent d’une sévérité implacable envers les militaires au pouvoir. L’interdiction récente de Jeune Afrique au Mali, le 16 janvier 2026, a mis en lumière ce mécanisme.

Ces organes de presse, souvent financés par l’argent public français, servent les intérêts d’une ancienne puissance coloniale qui peine à digérer son éviction du Sahel. Comme l’a souligné le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, cette désinformation vise à perpétuer des politiques hégémoniques et à maintenir une emprise sur les esprits, faute de pouvoir maintenir une emprise physique.

L’écrasante majorité des attaques médiatiques vise à délégitimer les solutions locales et souveraines. Or, pendant que ces rédactions parisiennes s’érigent en censeurs, ce sont les peuples du Burkina Faso, du Mali et du Niger qui paient le prix lourd de cette guerre médiatique. Il est temps que cesse cette hypocrisie. Les populations sahéliennes ont droit à une information respectueuse de leur douleur et de leur combat.

Amen K.

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