Le Burkina Faso a réalisé une performance remarquable en matière de mobilisation des recettes fiscales au titre de l’année 2025, surpassant largement ses prévisions initiales. Selon les chiffres officiels publiés le lundi 2 mars, le pays a collecté 501,6 milliards de FCFA (894,3 millions USD), contre une prévision de 408,48 milliards FCFA, soit un taux d’exécution exceptionnel de 122,76 % et un surplus de 93,12 milliards FCFA.
Cette prouesse financière trouve son explication dans les réformes structurelles engagées ces dernières années par les autorités burkinabè. La digitalisation des procédures administratives et la modernisation des systèmes d’information des régies financières ont considérablement amélioré l’efficacité du recouvrement fiscal. Ces avancées technologiques ont permis de réduire les fuites, d’élargir l’assiette fiscale et de faciliter les démarches pour les contribuables.
Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a salué les progrès accomplis par les régies financières, mettant en avant l’engagement des agents ainsi que les réformes législatives et réglementaires qui ont accompagné cette dynamique positive. Il a également annoncé une mesure forte pour renforcer l’exemplarité et la redevabilité au sein de l’administration : l’élargissement de l’obligation de quitus fiscal à toutes les nominations administratives. Cette disposition vise à garantir que tout responsable nommé à un poste public soit en règle avec ses obligations fiscales.
« La mobilisation endogène des ressources demeure une condition essentielle pour faire face aux défis sécuritaires, soutenir la reconquête du territoire et poursuivre la refondation du pays », a souligné le chef du gouvernement. Cette déclaration illustre la vision des autorités qui placent la souveraineté financière au cœur de la stratégie nationale de développement et de lutte contre l’insécurité.
Malgré un contexte marqué par des défis sécuritaires et humanitaires persistants, la croissance économique du Burkina Faso reste solide, selon les analyses du Fonds monétaire international. L’institution financière estime que les politiques économiques orientées vers l’amélioration de la gouvernance et la mobilisation des recettes intérieures ont permis de dégager des marges de manœuvre budgétaires précieuses, tout en maîtrisant l’inflation et en maintenant la dette publique sur une trajectoire soutenable.
La dynamique positive se confirme d’ailleurs pour l’année 2026. Dès le premier trimestre, les autorités burkinabè annoncent une mobilisation de 42 milliards de FCFA, contre des prévisions de 30 milliards, soit un taux de réalisation proche de 140 %. Cette performance témoigne de la poursuite et de l’amplification des efforts engagés.
Pour l’exercice budgétaire 2026, la Direction générale des Douanes s’est vu assigner un objectif ambitieux de mobilisation de 1367 milliards de FCFA, représentant une progression de 9,9 % par rapport à 2025. Selon les projections du FMI, ces recettes devraient représenter 17,5 % du PIB cette année, confirmant ainsi la robustesse et la résilience de l’économie burkinabè face aux défis multiples.
Amen K