Madagascar : Cyclone Gezani, au moins 20 morts, Toamasina dévastée

Le bilan ne cesse de s’alourdir. Selon les autorités malgaches, le passage du cyclone tropical Gezani a coûté la vie à au moins vingt personnes et fait trente-trois blessés. Quinze autres sont toujours portées disparues. Frappée mardi, Toamasina, deuxième ville du pays, offre un paysage de désolation : arbres géants déracinés, tôles tordues, quartiers entiers méconnaissables.

Avec des rafales atteignant 250 km/h, Gezani n’a fait aucune différence entre les habitations précaires et les constructions plus solides. Selon l’organisation Action contre la Faim, près de 90 % des toitures ont été endommagées ou totalement arrachées. Les routes, jonchées de branches et de lignes électriques à terre, étaient encore difficilement praticables ce mercredi, entravant les premières évaluations et l’acheminement de l’aide.

Le chef de la transition, le colonel Michael Randrianirina, s’est rendu sur place dès mercredi pour mesurer l’étendue du désastre et coordonner les secours. Une présence au plus près des sinistrés qui traduit l’urgence d’une réponse encore trop embryonnaire face à l’ampleur des dégâts.

Ce nouveau cyclone frappe un pays déjà exsangue. Il y a dix jours à peine, le cyclone Fytia avait causé douze morts, déplacé plus de 31 000 personnes et affecté près de 200 000 habitants dans neuf régions. Les besoins s’accumulent, les stocks s’épuisent. Le Bureau national de gestion des risques et catastrophes avait bien prépositionné des vivres à Fénérive-Est, 10 tonnes de riz, de l’huile, des légumineuses pour 800 ménages. Une goutte d’eau face à l’océan de détresse qui s’étend.

L’ONU a débloqué trois millions de dollars d’aide anticipée, mais les humanitaires s’inquiètent déjà pour la suite. Gezani, après avoir ravagé la côte est malgache, devrait toucher le Mozambique à partir de vendredi. Une nouvelle épreuve pour une région qui n’a pas eu le temps de panser ses plaies.

À Toamasina, des familles fouillent les décombres. D’autres attendent, assises sur ce qui reste du seuil de leur maison éventrée. Le cyclone est reparti, mais la saison des pluies, elle, est loin d’être finie.

Amen K.

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