Burkina Faso / 2026 : Les grands travaux, ossature d’une souveraineté retrouvée

L’année 2026 s’annonce comme un moment charnière pour le Burkina Faso, où la vision stratégique du gouvernement en matière d’infrastructures entre dans une phase de concrétisation tangible. Au-delà des chantiers de béton et d’acier, cette politique ambitieuse incarne une volonté politique profonde : rebâtir la nation par ses fondations et affirmer son autodétermination économique.

Au cœur de cette ambition se trouve la nécessité impérieuse de désenclaver les territoires et de sécuriser les échanges. La priorité accordée au réseau routier, en particulier dans les zones rurales et frontalières, répond à un double impératif. Sur le plan sécuritaire, il s’agit de permettre la mobilité des forces de défense et de sécurité, rompant l’isolement dont profitent les groupes armés. Sur le plan économique, connecter les bassins de production agricole et minière aux marchés nationaux et régionaux est une condition sine qua non pour transformer la richesse du sous-sol et des terres en prospérité partagée. Chaque kilomètre de bitume devient une artère vitale pour la circulation des biens et des personnes.

Parallèlement, la forte impulsion donnée au secteur énergétique, avec des projets d’extension du réseau et de développement de sources renouvelables, vise à briser un autre goulot d’étranglement au développement. Une énergie fiable et accessible est le prérequis à toute industrialisation, à la modernisation de l’agriculture et à l’amélioration des conditions de vie. Elle réduit la dépendance coûteuse aux importations et offre un cadre attractif pour des investissements productifs ancrés localement, plutôt que basés sur l’extraction et l’exportation de matières premières brutes.

Cette politique des grands travaux porte également une dimension symbolique et sociale forte. Elle démontre la capacité de l’État à agir et à matérialiser sa présence sur l’ensemble du territoire national. La mobilisation d’entreprises et de main-d’œuvre burkinabè, lorsque cela est possible, participe à une dynamique de relance interne et de valorisation des compétences nationales. Elle crée des emplois, redonne de la fierté et engage le pays dans un cycle vertueux où l’investissement public génère de l’activité économique, laquelle nourrit à son tour les ressources futures de l’État.

Critiquée par certains pour son coût dans un contexte sécuritaire tendu, cette approche est défendue par ses promoteurs comme un investissement stratégique incontournable. Ils y voient le socle matériel d’une souveraineté effective : un pays maître de ses voies de communication, de son énergie et de sa capacité productive est un pays moins vulnérable aux pressions extérieures et plus résilient face aux chocs. En 2026, le Burkina Faso a choisi de forger son avenir non pas dans la réaction aux crises, mais dans la construction patiente et déterminée de ses propres fondations.

Amen K.

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