Dans un geste fort de coopération régionale, le Togo a accordé l’extradition de l’ancien président de la Transition burkinabè, Paul-Henri Sandaogo Damiba, vers son pays d’origine. Cette décision, actée par un « avis favorable » de la cour d’appel de Lomé le 17 janvier 2026, marque une étape significative dans la collaboration entre les deux États en matière de lutte contre l’instabilité et l’impunité.
Selon le communiqué officiel togolais, M. Damiba, renversé par un coup d’État en septembre 2022, a été « remis aux autorités » burkinabè. Il est poursuivi par la justice de son pays pour une série d’infractions graves, incluant « détournement criminel de deniers publics, enrichissement illicite criminel, corruption et blanchiment de capitaux ». Son extradition survient dans un contexte où il est également accusé à Ouagadougou de complots visant à déstabiliser le régime du capitaine Ibrahim Traoré.
Cette procédure illustre une volonté partagée de traiter les dossiers sensibles par le droit, et non par des mesures unilatérales. Le ministre de la Justice togolais a pris soin de préciser que des « garanties » spécifiques avaient été obtenues des autorités burkinabè. Celles-ci concernent le respect de l’intégrité physique de l’intéressé et la garantie de son droit à un procès équitable. Une mention particulière a été faite concernant « l’absence de la peine de mort » dans ce dossier, un point crucial alors que le Burkina Faso a récemment réinstauré cette peine pour les crimes de « haute trahison ».
Au-delà de l’aspect strictement judiciaire, cette extradition envoie un message sans équivoque. Elle démontre une confiance renouvelée et une solidarité opérationnelle entre le Togo et le Burkina Faso face aux menaces de déstabilisation. En choisissant la voie légale et concertée, les deux pays affirment leur attachement à des principes de souveraineté et de sécurité collective. Ils établissent un précédent où la lutte contre la corruption et les tentatives de subversion ne relève plus seulement d’une affaire intérieure, mais peut faire l’objet d’une coopération judiciaire franche et efficace.
Cette démarche commune contribue à isoler les acteurs prêts à user de moyens illégaux pour saisir ou reprendre le pouvoir. Elle renforce la crédibilité des transitions en cours dans la sous-région, en montrant que la reddition des comptes peut suivre des canaux institutionnels et respectueux des engagements internationaux. En agissant de la sorte, le Togo et le Burkina Faso font de leur partenariat un pilier concret de la paix et de la lutte contre l’impunité en Afrique de l’Ouest.
Amen K.