L’Union africaine (UA) a dévoilé, au terme d’une réunion de haut niveau tenue les 16 et 17 janvier 2026 dans la capitale togolaise, une structure de médiation ambitieuse destinée à stabiliser l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Cette annonce marque une étape décisive dans les efforts continus pour imposer une solution africaine durable à la crise sécuritaire qui déstabilise la région des Grands Lacs depuis des décennies.
Conformément à une publication du ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, le président Faure Gnassingbé a été officiellement désigné médiateur en chef de l’UA pour ce processus. Il sera appuyé dans sa mission par une équipe de médiation nationale composée de son ministère des Affaires étrangères et de l’Unité présidentielle, plaçant ainsi le Togo au centre de la diplomatie continentale.
L’innovation majeure de cette architecture réside dans la répartition stratégique des responsabilités thématiques confiées à d’éminents anciens chefs d’État, formant une sorte de « directoire de la paix ». Ce panel d’experts de haut niveau est constitué de l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, chargé du délicat dossier militaire et sécuritaire ; de l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde, qui supervisera les questions humanitaires ; et de l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta, à qui revient la tâche complexe du dialogue avec les groupes armés nationaux congolais.
La dimension économique et sociale du conflit n’est pas négligée. L’ancien président botswanais Mokweetsi Masisi aura en charge la promotion de la coopération économique régionale, un levier essentiel pour une paix durable. Enfin, l’ancienne présidente centrafricaine Catherine Samba-Panza sera responsable des volets cruciaux liés à la société civile, la réconciliation nationale et l’inclusion des femmes.
Pour assurer la cohérence et l’efficacité opérationnelle, un secrétariat conjoint indépendant a été mis sur pied. Il rassemble le Togo, la Commission de l’UA, ainsi que les principales organisations régionales concernées : la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). La Commission de l’UA assurera, quant à elle, la coordination avec les partenaires internationaux majeurs, dont les Nations Unies, l’Union européenne, le Qatar et les États-Unis.
Cette nouvelle feuille de route, dont les contours ont été tracés à Lomé, ambitionne de mettre fin à la fragmentation des efforts de paix. En unifiant les mandats et en clarifiant les rôles de chaque acteur, l’Union africaine entend imposer une approche plus intégrée, plus cohérente et fondamentalement africaine pour résoudre l’un des conflits les plus longs et les plus complexes du continent.
Amen K.