L’ambassade du Ghana à Washington a confirmé, samedi 10 janvier, l’arrestation et la détention de l’ancien ministre des Finances Kenneth Nana Yaw Ofori-Atta par les services américains de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Cette agence, renforcée sous l’administration Trump pour traquer les séjours irréguliers, est au centre d’une affaire diplomatique sensible.
Dans un communiqué officiel, l’ambassadeur Victor Emmanuel Smith a précisé que la mission diplomatique avait engagé des démarches immédiates pour vérifier les circonstances de cette arrestation dès en avoir été informée. Conformément aux conventions internationales, l’ambassade a contacté le centre de détention afin d’obtenir un accès consulaire à l’ancien dignitaire, un droit fondamental permettant à tout citoyen détenu à l’étranger de recevoir l’assistance et le soutien de ses représentants nationaux.
Cependant, la situation a pris une tournure inattendue. Les autorités du centre de détention ont rétorqué à la diplomatie ghanéenne que M. Ofori-Atta lui-même avait refusé de s’entretenir avec les officiels consulaires, à moins que ses propres avocats ne soient présents lors de l’entretien. Cette position, bien qu’émanant du détenu, complique le processus d’assistance standard et soulève des questions sur la stratégie juridique adoptée par l’ancien ministre ou son entourage.
L’ambassade a réaffirmé qu’elle restait en contact étroit avec les autorités américaines compétentes et qu’elle continuerait de suivre l’affaire avec diligence. Son objectif déclaré est de s’assurer que les droits de M. Ofori-Atta soient pleinement respectés tout au long de la procédure. Les raisons précises de sa détention par l’ICE n’ont été divulguées ni par les services américains, ni par le communiqué de l’ambassade, laissant planer un flou sur les motifs légaux de cette mesure.
Kenneth Nana Yaw Ofori-Atta a été une figure centrale de l’administration du président Nana Akufo-Addo, pilotant les finances du pays pendant une période économiquement complexe. Son arrestation sur le sol américain, quelle qu’en soit la cause, constitue un événement notable susceptible d’avoir des répercussions sur les relations bilatérales. L’incident met également en lumière les procédures parfois opaques de l’ICE et le cheminement délicat de la protection consulaire lorsque le détenu formule des conditions préalables à l’assistance de son pays. L’ambassade du Ghana fait face à un équilibre subtil entre le respect de la volonté de son ressortissant et l’obligation de l’État de protéger ses citoyens à l’étranger.