L’Assemblée législative de transition du Burkina Faso a voté, ce 9 janvier 2026, une réforme notable du calendrier des jours chômés et payés. Leur nombre passe de 15 à 11, un alignement sur les standards de nombreux pays de la sous-région. Cette décision, prise à l’unanimité, va au-delà d’un simple ajustement calendaire. Elle s’inscrit dans un contexte de recherche de résilience nationale et pourrait avoir des répercussions économiques significatives pour l’État.
L’argument économique premier est celui de la productivité. Quatre jours d’activité supplémentaires par an, à l’échelle d’une nation, représentent un potentiel non négligeable. Pour les entreprises, notamment dans les secteurs industriels, du BTP ou des services tournés vers l’export, cette mesure réduit les coûts liés aux arrêts répétés et améliore la planification. Elle pourrait renforcer l’attractivité du Burkina Faso pour les investisseurs, en présentant un cadre de travail plus continu et compétitif.
La mesure a un impact direct sur les finances de l’État en tant qu’employeur. La fin de l’automaticité du lendemain chômé pour une fête tombant un dimanche est emblématique. Cette disposition, souvent critiquée pour son coût, alourdissait la masse salariale publique sans contrepartie productive. Sa suppression représente une économie substantielle, permettant de réallouer des ressources vers des secteurs prioritaires comme la défense, la santé ou l’éducation, dans un contexte budgétaire contraint.
L’autre innovation majeure est la transformation de certaines fêtes (Toussaint, Journée des martyrs, etc.) en « journées de commémoration et de recueillement ». Ces dates restent honorées, mais ne sont plus automatiquement chômées. Cette distinction subtile permet de préserver la mémoire collective tout en limitant l’impact économique d’un arrêt général. Elle promeut une célébration plus sobre et introspective, peut-être en phase avec l’esprit de sacrifice et de labeur que les autorités actuelles cherchent à insuffler.
L’initiative burkinabè est un pari sur l’avenir. En privilégiant le temps de travail, l’État espère générer une activité économique accrue, donc une assiette fiscale élargie. L’objectif à moyen terme est de créer un cercle vertueux où une économie plus dynamique permette in fine d’améliorer les conditions de vie, compensant symboliquement la réduction du temps de repos légal.
Cependant, l’efficacité économique réelle de cette mesure dépendra de sa mise en œuvre. Elle doit s’accompagner d’un renforcement des capacités productives et d’un environnement des affaires stable pour libérer tout son potentiel. Elle interroge aussi l’équilibre entre productivisme et bien-être social. Reste que, dans l’immédiat, cette réforme apparaît comme un outil de rigueur managériale appliqué à l’échelle nationale, visant à redresser la barre par un sursaut collectif de travail et de rationalisation.
Amen K.