Dans une démarche résolue de modernisation et d’assainissement de l’administration publique, le gouvernement du Burkina Faso vient de franchir une étape significative. L’adoption en Conseil des ministres d’un décret réorganisant le ministère de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale marque un engagement fort, notamment par la création d’un Secrétariat technique dédié au contrôle de l’authenticité des diplômes et titres de capacités professionnelles des agents publics. Cette initiative, saluée par de nombreux observateurs, constitue une véritable déclaration de guerre contre le fléau des faux diplômes, un mal qui ronge la crédibilité et l’efficacité des institutions.
Cette mesure s’inscrit dans un cadre plus large de rationalisation des structures ministérielles, visant à s’adapter au nouveau découpage administratif et à se conformer aux normes d’organisation gouvernementale. Cependant, sa portée symbolique et pratique dépasse la simple réorganisation administrative. En s’attaquant de front à la fraude documentaire, les autorités burkinabè envoient un message sans équivoque : la compétence, l’intégrité et la méritocratie doivent être les seuls fondements de la Fonction publique.
Le phénomène des faux diplômes est un défi transnational, source d’incompétence, d’injustice et d’une profonde défiance citoyenne. Il sape les efforts de recrutement transparent, fausse la concurrence loyale entre les candidats et, in fine, altère la qualité des services rendus aux populations. L’institution d’un organe spécifique de contrôle, doté d’une mission technique claire, représente donc une réponse structurelle et pérenne à ce problème.
Les implications de cette décision sont multiples et positives. Sur le plan institutionnel, elle renforce la rigueur dans la gestion des carrières et restaure l’équité au sein de l’administration. Pour les agents intègres, c’est une reconnaissance et une protection de leur légitimité. Pour les usagers des services publics, c’est la promesse d’un service plus professionnel et fiable. Enfin, sur le plan économique, une administration compétente est un levier indispensable pour la mise en œuvre des politiques de développement et pour attirer les investissements dans un climat de confiance.
Cette réforme démontre une volonté politique réelle de tourner la page des pratiques opaques. Elle s’apparente à un investissement dans le capital humain et l’éthique, piliers d’un État de droit. La réussite de cette « guerre » dépendra naturellement des moyens techniques et humains alloués à ce nouveau Secrétariat, ainsi que de la fermeté dans l’application des sanctions. Elle nécessitera également une coopération avec les établissements d’enseignement nationaux et internationaux pour faciliter les vérifications.
La création de ce mécanisme de contrôle est bien plus qu’un ajustement réglementaire. C’est une mesure courageuse et nécessaire qui honore le Burkina Faso. Elle pose les bases d’une fonction publique crédible, performante et fière de son service à la nation. Il s’agit d’un signal fort pour toute la sous-région, prouvant que la bonne gouvernance commence par le respect des règles de base du mérite et de la probité.
Amen K