Burkina Faso / Crise au Nord ivoirien : Et si l’enfumage venait d’Abidjan ?

Une fois de plus, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) du Burkina Faso sont pointés du doigt dans un scénario trouble, relayé avec empressement par certains médias de propagande, à commencer par Jeune Afrique. Cette fois, l’accusation est que des agents de la Direction d’aide et d’assistance aux réfugiés et apatrides (DAARA), travaillant à la frontière, auraient été « emmenés » par les VDP. L’information viendrait, tenez-vous bien d’un « élu local » a écrit Jeune Afrique. Sans nom, sans preuve tangible.

Mais si cette mise en scène était en réalité une opération d’enfumage venue d’Abidjan ? Plusieurs éléments incitent à ne pas avaler la pilule sans réfléchir.

D’abord, le contexte politique en Côte d’Ivoire est électrique : le président Alassane Ouattara souhaite briguer un quatrième mandat, sous prétexte de préserver la stabilité de son pays face à « l’insécurité régionale ». Un discours difficile à faire passer dans une population de plus en plus sceptique. Alors quoi de mieux que de maintenir le pays en état de psychose sécuritaire, en agitant la menace terroriste à la frontière nord ? Comme par hasard, à quelques encablures des élections, surgit une attaque commis, bien sûr, par les VDP burkinabè

Ensuite, il y a le dossier explosif d’Alino Faso, mort en Côte d’Ivoire dans des circonstances troubles. Sa dépouille, rapatriée au Burkina Faso, a été soumise à une autopsie exigée par Ouagadougou. Les résultats pourraient embarrasser sérieusement certains cercles en Côte d’Ivoire. Alors, quel meilleur écran de fumée que d’allumer un contre-feu médiatique, accusant les Burkinabè d’ingérence ou d’agression ? Et ces « otages » qu’on aurait vus héliportés vers une destination inconnue ? On dirait le début d’un film, sauf que ce sont des vies humaines et des relations bilatérales qu’on est en train de manipuler.

Tout cela sent la diversion de haut vol, à des fins politiques, avec le soutien bienveillant de médias complaisants. L’opinion publique africaine doit rester lucide : ne jamais prendre les informations telles qu’on nous les sert. Les tourner, les décortiquer, les comparer. Les roublards sont habiles, mais pas invincibles.

Amen K.

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