Le gouvernement togolais a officiellement lancé, mercredi 8 avril 2026, le processus de formulation de sa feuille de route 2026-2031, à l’issue d’un séminaire de deux jours présidé par le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Cet exercice de planification intervient dans un contexte de consolidation budgétaire encore fragile : si la dette publique est revenue sous le seuil de 70 % du PIB fixé par l’UEMOA mi-2025, le déficit budgétaire reste à surveiller, le FMI ayant repoussé à fin 2026 l’objectif de le ramener à 3 % du PIB.
Le nouveau cadre stratégique s’articule autour de trois axes « Protéger, Rassembler et Transformer » que Faure Gnassingbé avait déjà énoncés en décembre 2025 devant le Parlement, puis réaffirmés dans son adresse à la Nation. Le séminaire des 7 et 8 avril marque le passage à la phase opérationnelle : le gouvernement entend rompre avec la logique de silos sectoriels, privilégier les synergies entre ministères, concentrer les ressources sur des priorités à fort impact et adopter des indicateurs directement perceptibles par la population.
La feuille de route précédente, structurée autour de 42 projets et réformes, a affiché un taux d’exécution de 68,79 %, un résultat que Lomé impute en partie aux chocs externes. Le lancement de cette nouvelle feuille de route intervient alors que les finances publiques se redressent : après un déficit de 7,4 % du PIB en 2024, celui-ci aurait été ramené à environ 3,5 % en 2025, selon Moody’s. La dette publique, qui avait culminé à 72 % du PIB en 2024, est redescendue à 65 % fin juin 2025, ce qui a valu au Togo d’être reclassé par le FMI parmi les pays à « forte capacité d’endettement ».
Sur le front de la croissance, Lomé table sur 6,2 % en 2025 et 6,5 % en 2026, des projections supérieures aux moyennes régionales. Le FMI reste plus prudent (5,5 % en 2026), tandis que la Banque mondiale conditionne cette trajectoire au maintien de la discipline budgétaire et à l’apaisement des incertitudes mondiales. Les conclusions du séminaire ont été partagées avec les secrétaires généraux et directeurs de cabinet des ministères pour en assurer la traduction opérationnelle.
Amen K.