Togo : Quand l’État et la société civile unissent leurs forces pour préserver l’intégrité financière.

Au Togo, la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme franchit une nouvelle étape. Conscients des enjeux, les autorités et les acteurs de la société civile intensifient leurs efforts pour encadrer les organisations à but non lucratif (OBNL), dans un double objectif : prévenir toute utilisation abusive de ces structures à des fins illicites, tout en préservant leurs activités légitimes. Cette dynamique, qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la recommandation 8 du Groupe d’Action Financière (GAFI), mérite d’être saluée pour son approche inclusive et résolument tournée vers l’efficacité.

Une table ronde de deux jours, organisée par le West Africa Network for Peacebuilding (WANEP-Togo) et ouverte le jeudi 26 mars 2026, illustre parfaitement cette volonté de concertation. Réunissant acteurs publics, institutions financières et organisations de la société civile, cette rencontre offre un cadre privilégié pour échanger sur les défis communs et construire des réponses adaptées. « Il est essentiel de travailler ensemble pour prévenir l’utilisation abusive des OBNL et protéger l’intégrité des systèmes financiers », a souligné Seyram Adiakpo, coordonnateur de WANEP-Togo, en ouverture des travaux. Une déclaration qui résume l’esprit de cette démarche partenariale.

Cette initiative intervient dans un contexte de réformes ambitieuses. Début mars 2026, le Togo s’est doté d’une nouvelle loi sur le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, renforçant considérablement les obligations de vigilance et les mécanismes de surveillance. En alignant sa législation sur les standards internationaux du GAFI, le pays montre sa détermination à protéger son système financier contre les risques d’infiltration par des activités criminelles.

L’encadrement des OBNL constitue un volet particulièrement sensible de cette réforme. Reconnues pour leur rôle essentiel dans le développement social, la médiation et l’assistance aux populations vulnérables, ces organisations ne doivent pas pour autant échapper à toute supervision. L’enjeu est de taille : trouver le juste équilibre entre la préservation de leur liberté d’action et la mise en place de garde-fous suffisants pour éviter qu’elles ne soient instrumentalisées par des réseaux malveillants.

La table ronde organisée par WANEP-Togo répond précisément à cette exigence. En réunissant autour de la même table les différents acteurs concernés, elle favorise une appropriation collective des nouvelles dispositions et permet d’identifier les bonnes pratiques. Cette approche participative, associant la société civile à la conception des mécanismes de contrôle, est une garantie d’efficacité et de légitimité.

Au-delà de la conformité aux standards internationaux, c’est bien la crédibilité de l’ensemble du secteur associatif togolais qui est en jeu. En montrant sa capacité à s’autoréguler et à coopérer avec les pouvoirs publics, la société civile togolaise renforce sa position d’interlocuteur fiable. Cette dynamique vertueuse, alliant rigueur et confiance, constitue un exemple pour la sous-région.

Ainsi, par cette mobilisation collective, le Togo avance résolument sur le chemin de la transparence et de la sécurité financière, sans sacrifier l’espace essentiel dévolu aux organisations citoyennes. Une avancée qui honore tant l’État que la société civile.

Amen K.

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