En adoptant, ce jeudi 19 mars 2026, deux décrets portant nomination des membres et du président du Conseil d’orientation de l’Institut des peuples noirs-Farafina (IPN-Farafina), le Conseil des ministres a franchi un pas décisif vers l’opérationnalisation de ce qui s’annonce comme un instrument majeur de la souveraineté africaine. Plus qu’une simple formalité administrative, cette décision concrétise un héritage précieux : la vision du président Thomas Sankara, qui avait fait de l’émancipation culturelle un pilier de la lutte pour la dignité du continent.
La pertinence de cet institut réside dans sa mission fondamentale : promouvoir la renaissance culturelle et le rayonnement scientifique de l’Afrique et de sa diaspora. Dans un contexte où le continent aspire à se départir des dernières tutelles idéologiques, disposer d’un cadre institutionnel structuré pour penser, analyser et diffuser le savoir depuis l’Afrique est une nécessité impérieuse. C’est à cette fin qu’un collège de douze personnalités aux profils variés a été désigné, mêlant intelligemment universitaires, journalistes et experts reconnus pour leur engagement panafricain.
À la tête de ce Conseil d’orientation, le gouvernement a placé Claude Aimé Tassembedo, enseignant-chercheur dont la rigueur intellectuelle est saluée. Il sera épaulé par des figures influentes du paysage médiatique et intellectuel, notamment Franklin Nyamsi, Nathalie Yamb, Abdoul Niang et Sogoyou Kokou Keguewe. Leur mission sera de définir la feuille de route stratégique de l’institution, en lui conférant une orientation politique et idéologique claire.
La force de l’IPN-Farafina repose également sur la complémentarité de son ancrage. Aux côtés de ces stratèges, un corps technique et académique composé de Sié De Bindouté Da, Serge Bayala, Boukary Nebie, Eric Wilfrid Yirim Zouré, Wendlarima Hyacinthe Ouédraogo, San Simon Coulibaly et Zakaria Koumaré apportera l’expertise pointue nécessaire dans des domaines aussi essentiels que la sociologie, la diplomatie, les finances et la recherche scientifique.
Avec cette configuration plurielle, l’Institut des peuples noirs-Farafina se positionne clairement comme un levier stratégique au service de la souveraineté intellectuelle et culturelle. Désormais doté de ses premiers organes directeurs, l’institution peut lancer officiellement ses activités à vocation panafricaine, devenant ainsi le creuset où se forge l’Afrique de demain : libérée, instruite et fière de ses racines.
Amen K.