Le chemin vers la souveraineté alimentaire emprunte désormais les sentiers battus des plaines irriguées de l’ouest du pays. Ce lundi 9 mars 2026, le Ministre d’État, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le Commandant Ismaël Sombié, a effectué une visite de terrain dans la région du Guiriko pour constater de visu l’évolution de la campagne agricole de saison sèche. À Banzon comme à Bama, le constat est unanime : la terre, travaillée par des mains vaillantes, promet des récoltes historiques.
À Banzon, dans la province du Kénédougou, 115 hectares de blé ont été emblavés, une culture longtemps jugée difficilement réalisable sous les cieux burkinabè. La production attendue est estimée à 350 tonnes. À quelques encablures, ce sont 300 hectares de rizières qui devraient livrer près de 1 800 tonnes de céréales, une première sur cette plaine depuis plus de dix ans. Dans la commune de Bama, malgré des travaux de réhabilitation en cours, les producteurs ont mis en valeur 300 hectares de blé et 230 hectares de riz, démontrant une résilience à toute épreuve.
Ces performances agricoles ne doivent rien au hasard. Elles sont le fruit d’une synergie entre la volonté politique et l’engagement patriotique des femmes et des hommes du monde rural. Le gouvernement a mis à disposition des semences améliorées, des engrais minéraux, de la fumure organique et un accompagnement technique rapproché. Mais c’est le sacrifice quotidien des producteurs, leur abnégation face aux défis coût du carburant pour les motopompes, prix des intrants, aléas climatiques qui transforme ces ambitions en réalités tangibles.
Le Commandant Ismaël Sombié n’a pas manqué de saluer cet engagement citoyen. Sur chaque site visité, il a encouragé les producteurs à poursuivre l’effort, pierre angulaire de l’édifice de la souveraineté alimentaire nationale. Car ces résultats s’inscrivent dans une dynamique plus large : pour la campagne 2025-2026, la production céréalière nationale a atteint le chiffre record de 7,14 millions de tonnes, avec un taux de couverture des besoins estimé à 126,6 %. Le président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, avait d’ailleurs annoncé en décembre 2025 l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire, fruit d’une offensive agro-pastorale et halieutique sans précédent.
Le chemin est encore long pour transformer cette autosuffisance en sécurité alimentaire durable pour chaque ménage. Mais une certitude habite désormais les esprits : avec une population debout, refusant la fatalité et embrassant le labeur comme un acte patriotique, le Burkina Faso tient entre ses mains les clés de sa propre souveraineté. La terre, généreuse, répond toujours à ceux qui l’aiment avec vaillance.
Amen K.