Le président américain Donald Trump a menacé mardi de rompre toutes les relations commerciales avec l’Espagne, après que Madrid a refusé d’autoriser les États-Unis à utiliser des bases militaires situées sur son territoire pour mener des attaques contre l’Iran. Cette déclaration fracassante intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et plusieurs de ses alliés européens.
« Nous allons rompre tout commerce avec l’Espagne. Nous ne voulons plus rien avoir à faire avec l’Espagne », a lancé Trump aux journalistes dans le Bureau ovale, lors de la réception du chancelier allemand Friedrich Merz. Cette sortie musclée traduit l’exaspération de l’administration américaine face à ce qu’elle considère comme un manque de soutien de la part d’un partenaire historique.
La crise diplomatique a éclaté lundi lorsque le gouvernement espagnol a clairement signifié sa position : les États-Unis n’ont jamais utilisé, et n’utiliseront jamais, les bases militaires espagnoles pour des offensives contre l’Iran. Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a été particulièrement ferme lors d’une interview télévisée, insistant sur le fait que Madrid conserve le contrôle total de ses installations souveraines.
« Les bases relevant de la souveraineté espagnole ne seront utilisées à aucune fin non conforme à l’accord avec les États-Unis ni à aucune fin contraire à la Charte des Nations unies », a déclaré Albares. Il a également précisé que, bien que ces installations permettent un usage conjoint, l’Espagne conserve l’autorité finale sur leur utilisation. Le ministre a par ailleurs nié avoir été informé au préalable par Washington, qualifiant les frappes récentes « d’action unilatérale, en dehors de toute action collective ».
Face à cette escalade verbale, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a adopté une posture digne mais déterminée. Sans mentionner directement les menaces américaines, il a lancé mercredi : « Nous n’aurons pas peur des représailles ». Une déclaration qui en dit long sur la détermination de Madrid à défendre sa souveraineté.
Mardi soir, le gouvernement espagnol a publié un communiqué officiel affirmant que toute révision des relations commerciales devait respecter le droit international et les accords en vigueur. Une manière de rappeler à Washington que les relations bilatérales ne se décrètent pas unilatéralement.
Le Royaume-Uni n’est pas épargné par la colère présidentielle américaine. Trump a vivement critiqué Londres pour son accord avec l’île Maurice concernant le transfert de souveraineté de l’archipel des Chagos. Cette décision pourrait affecter l’avenir de la base conjointe américano-britannique de Diego Garcia, installation stratégique cruciale pour les opérations militaires américaines au Moyen-Orient depuis des décennies.
Sans citer directement Diego Garcia, Trump a dénoncé l’attitude « très peu coopérative » du Royaume-Uni dans ses attaques contre l’Iran, qualifiant la position britannique de « choquante ». Ces déclarations illustrent les tensions croissantes entre les États-Unis et leurs alliés traditionnels sur la question iranienne, dans un contexte géopolitique déjà extrêmement tendu.
Amen K.